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Avantages et limites du Tether dollar (USDT)

Avantages et limites du Tether dollar (USDT)

Avantages et limites du Tether dollar (USDT)

On peut décrire Tether comme un service transformant le dollar, l’euro, le yen en monnaies digitales (stablecoin) pouvant ensuite être échangées grâce à la technologie blockchain. Mais Tether subit beaucoup de controverses. Voyons cela de plus près, ses principaux avantages et inconvénients.

Cet article s’adresse à des lecteurs ayant déjà acquis un certain niveau de connaissance dans le domaine de la Blockchain et des crypto-monnaies. Si l’article vous paraît indigeste, n’hésitez pas à choisir une autre difficulté dans l’encadré ci-dessous wink

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Introduction et historique – USDT la plus célèbre des Stable Coins 

Début 2012, au-delà de la présence prépondérante de Bitcoin et avant l’explosion du nombre de projets différents sous formes numériques (altcoins), émerge l’idée de créer de nouvelles crypto monnaies. Cette idée est ainsi implémentée  dans la crypto-monnaie Mastercoin et associée à une Fondation Mastercoin (qui sera plus tard renommée Omni Foundation pour promouvoir l’utilisation de cette nouvelle « deuxième couche »). Le protocole Mastercoin devient la base du Tether, et un certain Brock Pierce, l’un des membres d’origine de la Fondation Mastercoin, devient un cofondateur de Tether. 

L’ancêtre de Tether, appelé à l’origine « Real coin » a été annoncé en juillet 2014 par 3 co fondateurs (dont Brock Pierce) via une startup basée en Californie. Les premiers coins furent émis le 6 octobre 2014 sur la blockchain Bitcoin en utilisant le protocole Omni Layer. Le 20 novembre 2014, la direction de Tether annonce le nouveau nom du projet: “Tether”. La société annonce également la prise en charge d’un “Tether + token” pour 3 monnaies:

  • USTether (US +) pour les dollars américains, 
  • Euro Tether (EU +) pour les euros – YenTether (JP +) pour le yen japonais.
  • L’idée déclinée est que chaque « Tether + token » est garanti à 100% par sa devise d’origine et peut être utilisé à tout moment sans risque de change.

En clair, Tether cherche à se substituer ou à reproduire l’évolution des principales devises souveraines (Fiat) sous la forme d’un jeton numérique. Sur les marchés financiers, ce type de titre est qualifié de ‘tracker’. Dans le monde des crypto-monnaies, on parle de Stable Coin. L’intérêt de cette forme de support s’est révélé rapidement très fort pour un certain nombre d’intervenants et investisseurs en actifs numériques (épargnants de pays où subsistent des contrôles de change par exemple,…). En janvier 2015, un évènement important se produit avec Bitfinex , (l’une des plus importantes plateformes de crypto-trading ) qui intègre Tether sur son ‘exchange’. A partir de là, cette nouvelle possibilité s’ouvre à beaucoup de crypto investisseurs, mais c’est aussi le début de nombreuses controverses.

 

De multiples controverses

  1. En effet, en novembre 2017 il est révélé que les responsables de Bitfinex, Philip Potter et Giancarlo Devasini, ont créé la Tether Holdings Limited dans les îles Vierges britanniques en 2014, alors que les représentants des deux sociétés affirmaient que les deux structures étaient totalement séparées. D’ailleurs, selon le site Web de Tether, basée à Hong Kong, Tether Limited  est une filiale à part entière de Tether Holdings Limited.
  2. Pendant un certain temps, Tether a traité des transactions en dollars américains par l’intermédiaire de banques taïwanaises qui, à leur tour, ont envoyé l’argent par l’intermédiaire de la banque Wells Fargo afin de permettre à ces fonds de sortir de Taïwan. Tether a annoncé  le 18 avril 2017, que ces transferts internationaux avaient été bloqués. Bitfinex et Tether ont engagé une action en justice contre Wells Fargo devant le tribunal fédéral du district nord de la Californie. Le procès a été retiré une semaine plus tard.
  3. Puis des analyses suggèrent aussi que les transactions associées à des augmentations de la quantité de Tether et le trading sur Bitfinex représentent environ la moitié de la hausse des prix du bitcoin à la fin de 2017 ! Des journalistes de Bloomberg, ont voulu vérifier les accusations selon lesquelles le cours du Tether était manipulé sur la plateforme d’échange Kraken, et ont trouvé des preuves de la manipulation de ces prix.. 

De janvier 2017 à septembre 2018, l’encours des liens d’attache est passé d’environ 10 millions de dollars à environ 2,8 milliards de dollars. Au début de 2018, Tether représentait environ 10% du volume des transactions de bitcoin, mais au cours de l’été 2018, il représentait jusqu’à 80% du volume de bitcoin. Les analyses spécialisées suggèrent qu’un système de manipulation de prix impliquant un lien d’attache représentait environ la moitié de la hausse des prix du bitcoin à la fin de 2017.

 

Caractéristiques générales :Liquidité et Sécurité

En 2017, Tether a annoncé et réalisé le lancement de nouveaux jetons ERC20 en dollars US et en euros sur la blockchain  Ethereum. 

Caractéristiques : Aujourd’hui, il existe  4  jetons d’attache distincts: 

l’attache en dollars US sur la couche Omni de Bitcoin, 

l’attache en euro sur la couche Omnium de Bitcoin, 

l’attache en dollars US  en tant que jeton de l’ERC-20 et

l’attache en  euro en tant que jeton de l’ERC-20.

 

Liquidité – sécurité 

Outre les questions relatives à la liquidité dues aux manipulations possibles des cours, un problème de sécurité sur le traçage du dollar s’est clairement posé.  Le 15 octobre 2018, le prix a brièvement chuté à 0,88 USD en raison d’une présumée contrepartie insuffisante  (en dollars). 

C’est la raison pour laquelle en avril 2019, le procureur général de l’État de New York a intenté une action en justice accusant Bitfinex d’utiliser les réserves de Tether pour couvrir une perte de 850 millions de dollars. 

Suite à ce regrettable incident sur le fonctionnement de USDT, et bien que Tether n’ait pas été en mesure de répondre à toutes les demandes de retrait,  Tether a déclaré avoir l’intention de garder tous les dollars des États-Unis en réserve afin de pouvoir effectuer les retraits de ses clients sur demande, bien qu’elle n’ait pas été en mesure de répondre précédemment  à toutes les demandes de retrait. Tether prétend maintenant rendre les avoirs en réserve transparents via un audit externe. 

Conclusion : Avantages et limites du Tether dollar (USDT)

 Avantages

  • Taux 1:1 avec le dollar faisant d’elle une monnaie très ‘stable’ (contre la monnaie fiat évidemment). Il s’agit donc d’une bonne alternative au Bitcoin en tant que moyen de paiement pour des achats en ligne 
  • Indexé sur le dollar. Le dollar étant une des monnaies les plus solides au monde (en relatif aux autres fiat), l’investissement en USDT peut sembler rassurant
  • Développement permanent : L’EURT (euro) et le JPYT (yen) ont récemment vu le jour
  • Disponibles sur de nombreuses plateformes

Limites

  • Laisser ses fonds en Tether (USDT) comporte un risque certain car il s’agit de savoir si un USDT vaudra toujours un dollar dans le futur (voir accident de 2018) ?
  • En tant que valeur de réserve, vous êtes investi en dollar (pour USDT).Par rapport à Bitcoin (monnaie déflationniste par construction), s’agit- il du meilleur support de réserve ? On peut vraiment en douter
  • A l’image des épisodes décrits, cette crypto-monnaie est très controversée et beaucoup pensent que le modèle de Tether n’est pas viable sur le long terme

Il est à noter que seules quelques crypto monnaies peuvent être échangées contre du Tether, comme par exemple : Bitcoin, Ethereum, mais aussi NEO et BNB. Dans la plupart des autres cas, vous devrez donc commencer par convertir la crypto -monnaie en Bitcoin, puis par échanger vos Bitcoins contre des USDT

A propos du redacteur…

Une passion : l’économie, la finance comportementale et l’émergence des actifs digitaux

Yves a débuté sa carrière dans le métier de la gestion en 1986 ou il a occupé différents postes de gérant de fonds actions et de fonds diversifiés au Crédit Commercial de France puis au sein du groupe Barclays à Paris. En 1998, il a pris la direction de la gestion actions et diversifiée puis de la gestion de la structure française du groupe néerlandais Robeco avant de rejoindre Natixis Asset Management en 2012 en tant que directeur de la Business Unit de gestion actions. Yves quitte Natixis AM en 2018 pour intervenir en indépendant auprès d’investisseurs professionnels et d’entreprises (conseil en levée de capital).

Amateur de sports d’endurance (course à pied et natation), Yves est aussi passionné par les sciences humaines, en particulier l’histoire et l’économie. Mais ce sont les aspects comportementaux des mécanismes économiques et l’analyse comportementale des marchés qui sont pour lui une source constante de réflexion et d’échange. Depuis quelques années, le sujet de la ‘blockchain’ et l’émergence des crypto actifs représentent pour lui un nouveau sujet de passion et d’opportunités.

Yves Maillot

Relations investisseurs Analyste stratégiste de marchés

Yves Maillot

Relations investisseurs Analyste stratégiste de marchés

La mécanique de création limitée des bitcoins en fait un actif déflationniste inégalé. Voyons pourquoi!

Depuis le jour de sa première valeur en octobre 2009 à 0.08 cent de dollar US, et sur la base d’un cours à 8755$ le 27 janvier 2020, le prix…

Les Utility Tokens au sein des crypto-actifs : recherche de classification

Au sein des crypto-actifs, les Utility Tokens tiennent une place particulière. Cet article est l’occasion d’établir une classification de ces nouveaux actifs ‘clés’ pour le monde de la blockchain, et de les comparer selon différents critères.

Tout savoir sur Stellar Lumens!

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Stellar Lumens (XLM) est l’une des principales crypto-monnaies mais ne capitalise, à fin mars 2020, que l’équivalent de moins de 1 milliard de dollars. Contrairement à d’autres, elle s’adresse à des particuliers et s’appuie sur un réseau et la notion d’ancres pour assurer son fonctionnement.

Cet article s’adresse à des lecteurs ayant déjà acquis un certain niveau de connaissance dans le domaine de la Blockchain et des crypto-monnaies. Si l’article vous paraît indigeste, n’hésitez pas à choisir une autre difficulté dans l’encadré ci-dessous wink

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Historique de Stellar Lumens et du XLM

Le projet Stellar débute en 2014 sous l’impulsion de ses fondateurs Jed McCaleb et Joyce Kim. Le protocole du Stellar Lumens est basé sur le protocole du Ripple (voir notre article du 23 janvier 2020). En effet, Jed McCaleb est aussi co- fondateur de Ripple.

Alors que Ripple cible les institutions financières, Stellar Lumens s’adresse plus aux particuliers. Ainsi, Ripple se focalise sur des échanges de gros montants alors que Stellar Lumens se porte sur des échanges de sommes plus modestes. Car au départ, Stellar Lumens est une crypto monnaie créée pour aider les pays en voie de développement à accéder à des services financiers transfrontaliers simples d’utilisation et à moindre coût.

La SDF (Stellar Foundation Development) a été créée en se donnant l’objectif de développer l’écosystème et de faire de Stellar un moyen de paiement dans le monde entier !

Elle doit notamment investir dans certaines entreprises via sa crypto : le XLM.

 

Jed McCaleb 

Joyce Kim

En effet, en 2015, le nom de la crypto-monnaie ou token associé (Stellar) a changé pour devenir Lumen (XLM) et pour permettre de se distinguer du réseau Stellar de Stellar.org, l’organisation à but non lucratif qui contribue au développement du réseau. Le Lumen (XLM) est donc le nom de la crypto-monnaie associée au réseau Stellar

Au démarrage du projet, Stellar disposait de 105 milliards de tokens XLM. Mais, le 4 novembre 2019, l’offre totale de tokens XLM a été réduite de plus de la moitié. L’approvisionnement total de la crypto-monnaie est donc actuellement de 50 milliards de tokens.

Contrairement au processus de minage à la base du fonctionnement de Bitcoin, tous les tokens XLM ont été ‘pré-minés’. Il n’y aura donc aucun nouveau XLM de créé à l’avenir.

La répartition des Stellar Lumens (XLM) créés a été faite comme suit :

  • 50% ont été distribués à des particuliers. Une petite quantité de XLM (50-300 XLM) est donnée à chaque individu qui s’inscrit par le biais d’un lien d’invitation. Il est possible d’obtenir un lien d’invitation par l’intermédiaire d’un partenaire de Stellar ou en assistant à l’un de leurs meetings.
  • 25% sont (ou seront) donnés à des partenaires. Les XLM sont remis à des entreprises, des gouvernements, des institutions ou des organisations à but non lucratif qui contribuent à la croissance et à l’adoption de l’écosystème.
  • 20% ont été reversés à des possesseurs de BTC et XRP. Stellar.org a distribué des XLM aux détenteurs de bitcoin et XRP (19% pour les détenteurs de bitcoin et 1% pour les détenteurs de XRP). Ce concours s’est déroulé en deux phases : la première en octobre 2016 et la seconde en août 2017.

5% des XLM sont réservés aux dépenses opérationnelles de Stellar.org

Objectif de Stellar Lumens

Stellar souhaite devenir une plateforme décentralisée permettant d’effectuer de nombreuses opérations dans le secteur financier. Les fondateurs définissent Stellar comme une infrastructure de paiement ouverte et distribuée recherchant l’ouverture à tous d’un réseau financier mondial. Pour répondre à ce besoin, Stellar connecte les particuliers et les institutions ainsi que les systèmes de paiement grâce à sa plateforme.

L’objectif de ce projet était donc :

1/ la création d’une plateforme, facile d’accès, offrant la possibilité d’effectuer des micro-paiements et des transferts internationaux rapides, fiables et avec très peu de frais. Le réseau peut aujourd’hui supporter jusqu’à 1000 transactions par seconde. En moyenne, une transaction est validée au bout de 3 secondes.

2/ de plus, Stellar intègre un marché décentralisé utilisé pour négocier n’importe quel type de devise ou d’actif. Ainsi, les utilisateurs peuvent placer des ordres d’achats et de ventes pour acheter diverses devises sur un grand livre publique (‘public ledger’). Par le biais de cette bourse décentralisée, il est aussi possible de transférer toute devise à un correspondant dans n’importe quelle autre devise.

Exemple : Matthieu souhaite envoyer 1000 euros à Jean. Il détient des Bitcoins et peux les utiliser pour envoyer l’équivalent de 1000 euros à Jean. Stellar convertira automatiquement les BTC en 1000 euros avec le meilleur taux de change possible.

Par ailleurs, chaque transaction supporte des frais de niveau négligeable (0,00001 XLM). Ces frais sont juste destinés à empêcher des utilisateurs ayant des intentions malveillantes de saturer le réseau. De même, le réseau Stellar exige que tous les comptes détiennent un solde minimum de 0,5 XLM.

Comment fonctionne le réseau Stellar Lumens? Les ancres

Stellar est un réseau décentralisé comprenant de nombreux serveurs dispersés dans le monde qui distribuent leur puissance à ce réseau. Ce réseau enregistre toutes les transactions du système, qu’elles soient faites par des particuliers ou par des professionnels. Une copie de ce réseau (registre partagé ou ‘distributed ledger’) existe dans tous les serveurs Stellar.

N’importe quel individu peut donc détenir un serveur Stellar. Plus le réseau contient de serveurs et plus il est robuste. Les serveurs communiquent entre eux pour vérifier les transactions et synchroniser ces dernières. Ce protocole basé sur un consensus est nommé le Stellar Consensus Protocol ( ou SCP).

Stellar a besoin d’institutions existantes afin de garantir les dépôts et les retraits (à l’instar du système bancaire). Sur le réseau Stellar, ces “institutions” sont appelées ‘Anchors’ ou ‘Ancres’. Elles agissent comme des passerelles entre une devise spécifiques (USD, EUR, YEN,…) et le réseau Stellar. De plus, elles permettent de conserver un carnet d’ordres mis à jour en temps réel.

Ainsi, comme nous l’avons vu, vous pouvez déposer des euros ou des dollars pour les échanger contre des yens et les envoyer à un ami en Chine. Le réseau Stellar convertira automatiquement ces devises au meilleur taux en vigueur.

Si l’on examine un peu plus précisément ce concept ‘d’ancres’ (anchors), on comprend bien qu’il s’agit bien d’entités auxquelles les gens font confiance pour stocker leurs économies et envoyer leurs devises (ou émissions de crédits) sur le réseau Stellar. Ce sont, comme indiqué plus haut, des passerelles entre les différentes devises numériques intégrées au réseau. Toutes les transactions monétaires (sauf les transactions en XLM) sur le réseau Stellar se font sous forme de crédits émis par les ancres.

 Graphique du Stellar Lumens XLM sur 3 ans

Autre exemple d’utilisation : Rendre compatible les paiements sur mobile entre différentes plateformes et opérateurs

En coopération avec Parkway, Stellar connecte les 5 principaux opérateurs mobiles permettant à leurs clients de s’envoyer de l’argent entre eux.

Par ailleurs, Stellar a su tisser d’autres partenariats de même envergure avec de grandes entreprises ou organisations (IBM, Deloitte,….)

 

Conclusion

Stellar est une plateforme décentralisée destinée à mettre en place différentes applications financières. Elle est gérée par Stellar.org qui est une organisation à but non lucratif. Stellar met à disposition de ses utilisateurs sa propre bourse autonome pour négocier tous types d’actifs et de devises. Ce projet open-source permet des paiements rapides, validés en 2 à 5 secondes et pour des coûts de fonctionnement très faibles. Jusqu’à 1000 opérations par seconde peuvent être traitées par le réseau Stellar. Le Lumen (XLM) est la crypto-monnaie associée au réseau Stellar. Elle est utilisée pour payer les frais des opérations financières et aide à assurer l’authenticité des comptes 

En résumé,

Avantages de Stellar Lumens

  • Une plateforme déjà fonctionnelle, rapide et scalable
  • Des transactions multi-signatures pour garantir un bon niveau de sécurité
  • Une plateforme éthique gérée par une organisation sans but lucratif, avec une distribution juste et équitable entre de nombreux investisseurs
  • Stellar est polyvalente : elle permet de gérer des micro-paiements à frais réduits, mais aussi d’envoyer des transferts de fonds au taux de change le plus intéressant, et de régler des paiements en temps réel
  • Elle repose sur de nombreux partenariats : IBM, Klickex, Deloitte, Parkway Project, Tempo…

Inconvénients de Stellar Lumens

· De nombreuses monnaies se confrontent à Stellar Lumens XLM qui se positionne sur un créneau très ’concurrencé’

 

A propos du redacteur…

Une passion : l’économie, la finance comportementale et l’émergence des actifs digitaux

Yves a débuté sa carrière dans le métier de la gestion en 1986 ou il a occupé différents postes de gérant de fonds actions et de fonds diversifiés au Crédit Commercial de France puis au sein du groupe Barclays à Paris. En 1998, il a pris la direction de la gestion actions et diversifiée puis de la gestion de la structure française du groupe néerlandais Robeco avant de rejoindre Natixis Asset Management en 2012 en tant que directeur de la Business Unit de gestion actions. Yves quitte Natixis AM en 2018 pour intervenir en indépendant auprès d’investisseurs professionnels et d’entreprises (conseil en levée de capital).

Amateur de sports d’endurance (course à pied et natation), Yves est aussi passionné par les sciences humaines, en particulier l’histoire et l’économie. Mais ce sont les aspects comportementaux des mécanismes économiques et l’analyse comportementale des marchés qui sont pour lui une source constante de réflexion et d’échange. Depuis quelques années, le sujet de la ‘blockchain’ et l’émergence des crypto actifs représentent pour lui un nouveau sujet de passion et d’opportunités.

Yves Maillot

Relations investisseurs Analyste stratégiste de marchés

Yves Maillot

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Tout comprendre sur les ICO, STO et IEO

L’ICO est une innovation financière qui constitue une étape importante dans le processus de transformation déclenché par la blockchain. Elle bouleverse le rapport traditionnel à la propriété. Nous analyserons dans un second temps aussi les STO et IEO.

Tokénisation d’actifs réels : cas d’usage dans l’immobilier

Tokénisation d’actifs réels : cas d’usage dans l’immobilier

Tokénisation d’actifs réels : cas d’usage dans l’immobilier

Parmi  les biens réels, les biens immobiliers sont d’excellents candidats à la tokénisation, ce qui va faciliter la démocratisation de l’investissement sur ces actifs. En effet, la tokénisation permet de devenir propriétaire pour quelques centaines d’euros, sans emprunt.

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Tokénisation de biens immobiliers

De façon générale, la tokénisation désigne l’inscription d’un actif et de ses droits sur un token (jeton numérique)afin d’en permettre la gestion et l’échange ‘en pair-à-pair’ sur une blockchain, et ce, de façon instantanée et sécurisée. Ainsi, une nouvelle ère s’ouvre pour les actifs immobiliers : leur digitalisation.

Car en effet, l’actif numérisé, le « token », présente plusieurs avantages

  1. Il peut être transféré sur Internet de pair-à-pair comme une crypto-monnaie. C’est-à-dire qu’il peut être échangé avec une autre personne sans l’accord d’un tiers, et sans que l’émetteur n’en conserve un original
  2. Il possède des caractéristiques propres à la blockchain : à savoir qu’il est non falsifiable, que les échanges peuvent s’enregistrer dans un registre immuable et que la sécurité de ces échanges est assurée.
  3. Il est programmable par l’entité émettrice : ainsi il peut représenter un droit de vote, un moyen de paiement, un titre de propriété, un dividende, etc… ;
  4. Il revêt une liquidité : c’est-à-dire qu’il peut s’acheter et se vendre à tout moment, sur des plateformes d’échange à un prix fixé en temps réel par l’offre et la demande.

 

De façon concrète, la tokénisation d’un bien immobilier peut se traduire par l’émission d’une copie numérique d’un titre de propriété, intégrant les droits et obligations attenantes. Cette version digitalisée de la propriété peut par la suite être divisée en tokens. On peut alors imaginer par exemple la vente d’un bien immobilier résidentiel d’une valeur de 1 million d’euros en 1 000 tokens à valeur nominale de 1 000 € chacun.

Les tokens sont aussi rendus publics dans le cadre de levées de fonds réglementées par le législateur via le lancement de STO (« Security Token Offering »). Ces tokens sont ensuite vendus à des investisseurs primaires. Dans une seconde phase, l’émetteur peut inscrire les tokens sur un marché d’échange secondaire. Il pourra alors tirer profit de l’appréciation du prix de son actif digitalisé et des droits inscrits dans son sein. La valorisation de l’actif pourra se faire par le rendement des loyers versés, mais également avec la fluctuation de la valeur du bien immobilier sous-jacent.

La tokénisation apporte de nombreux avantages quant à la transmission des biens entre vendeurs et acheteurs ainsi que la capacité de réduire les frictions lors des phases de créations et d’échanges de ces derniers. Dans le cadre de l’écosystème Ethereum (ou autres technologies de blockchain 2.0 générant des smart contracts’ ou contrats intelligents), cela apporte également de nombreuses possibilités quant aux fonctionnalités de ces tokens de sécurité (utility tokens). Les smart-contracts apportent transparence et globalisation aux échanges de biens tout en bénéficiant de la sécurité des plateformes sur lesquels ils sont déployés.

Grâce aux tokens représentatifs de biens immobiliers, les investisseurs souhaitant investir dans ce type de placement mais ne disposant pas des fonds nécessaires, pourront acquérir une « quote-part » d’un bien immobilier tout en bénéficiant des rendements générés par celui-ci.

Grâce à ce support digital, cette ouverture du marché immobilier via les tokens pourra aussi permettre de diversifier ses investissements au-delà de ses propres frontières. En effet, il peut être par exemple aujourd’hui difficile pour des investisseurs en Asie d’investir dans des actifs immobiliers américains non cotées. Demain ces actifs seront échangés sur des plateformes accessibles à tous. L’accessibilité 24h/24, 7j/7 y compris en dehors des heures d’ouverture des marchés financiers permettront des transferts sans limites.

Quelques exemples

Des transactions immobilières tokénisées sont déjà une réalité, en particulier en Suisse, Etats-Unis et plus récemment en France. Cela se passe pour l’instant par le biais de tokens Ethereum et de sociétés qui détiennent ces biens immobiliers. Les possesseurs des tokens ne se partagent pas directement le bien, mais c’est une société dédiée et intermédiaire constituée à cet effet, qui elle le détient.. En France il s’agit pour l’instant de SCPI, et aux États-Unis il s’agit de sociétés de structures LLC.

Les tokens utilisés sont donc des ERC 20 (plateforme Ethereum), très standards dans l’écosystème de la blockchain. Ces derniers représentent chacun une part sociale de la société, sachant que la société n’a pour possession que le bien immobilier en question.

1/ Immobilier résidentiel tokénisé

Pour la première fois, un bien immobilier résidentiel a été tokénisé en 2019 aux Etats-Unis par la société spécialisée RealT. Estimée à 60 000 dollars la maison “9943 Marlowe RealToken” située à Detroit (Michigan) a été partagée entre une centaine d’investisseurs possédant des security tokens d’une valeur unitaire de 63 dollars. Ces propriétaires se sont partagés quotidiennement les 30 dollars de loyer pour un rendement annualisé de 13 %.

Ce sont même maintenant plusieurs biens de Détroit qui sont disponibles directement sur la plateforme. Chacun de ces bâtiments possède un rendement différent et les tokens liés ont un prix unitaire qui diffère de ceux liés aux autres bâtiments.

2/ Immobilier professionnel tokénisé

En Suisse, la société immobilière BrickMark a fait l’acquisition d’un immeuble de 134 millions de dollars en janvier de cette année et a utilisé la blockchain pour tokéniser les parts du bien et pour pouvoir revendre ‘brique par brique’ cet immeuble situé BahnhoffStrasse à Zurich.

En 2019, la société suisse Blockimmo, basée à Zoug, avait aussi numérisé un immeuble pour le revendre sur une blockchain. Le montant total des tokens vendus s’était élevé à 3 millions de francs suisses.

Conclusion :

Grâce aux avantages de la blockchain (transfert rapide, enregistrement immuable, sécurité absolue) et aux possibilités offertes par les smarts contracts, un monde nouveau d’énormes possibilités s’offre au marché immobilier, tant professionnel que résidentiel, et de contribuer à le démocratiser. La flexibilité permise par l’utilisation de biens immobiliers tokénisés va ainsi permettre l’accession à des investissements immobiliers pour une nouvelle catégorie de propriétaires.

 

 

A propos du redacteur…

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Yves a débuté sa carrière dans le métier de la gestion en 1986 ou il a occupé différents postes de gérant de fonds actions et de fonds diversifiés au Crédit Commercial de France puis au sein du groupe Barclays à Paris. En 1998, il a pris la direction de la gestion actions et diversifiée puis de la gestion de la structure française du groupe néerlandais Robeco avant de rejoindre Natixis Asset Management en 2012 en tant que directeur de la Business Unit de gestion actions. Yves quitte Natixis AM en 2018 pour intervenir en indépendant auprès d’investisseurs professionnels et d’entreprises (conseil en levée de capital).

Amateur de sports d’endurance (course à pied et natation), Yves est aussi passionné par les sciences humaines, en particulier l’histoire et l’économie. Mais ce sont les aspects comportementaux des mécanismes économiques et l’analyse comportementale des marchés qui sont pour lui une source constante de réflexion et d’échange. Depuis quelques années, le sujet de la ‘blockchain’ et l’émergence des crypto actifs représentent pour lui un nouveau sujet de passion et d’opportunités.

Yves Maillot

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La mécanique de création limitée des bitcoins en fait un actif déflationniste inégalé. Voyons pourquoi!

Depuis le jour de sa première valeur en octobre 2009 à 0.08 cent de dollar US, et sur la base d’un cours à 8755$ le 27 janvier 2020, le prix…

Tout comprendre sur les ICO, STO et IEO

L’ICO est une innovation financière qui constitue une étape importante dans le processus de transformation déclenché par la blockchain. Elle bouleverse le rapport traditionnel à la propriété. Nous analyserons dans un second temps aussi les STO et IEO.

Blockchains publiques, permissionnées et privées

Blockchains publiques, permissionnées et privées

Blockchains publiques, permissionnées et privées

Au-delà du registre distribué et décentralisé ouvert à tous (blockchain publique), il existe des blockchains où les droits pour devenir membre du réseau varient d’un utilisateur à l’autre (blockchain privée et permissionnée).

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Blockchains publiques

Une blockchain publique pourrait être comparée à une place de marché. Elle est ouverte à tout le monde et toute personne est autorisée à ouvrir une ‘boutique’ pour y proposer ses produits et services. Dans ce cas de figure, aucune restriction n’existe quant aux allées et venues des visiteurs qui sont libres de visiter les différentes boutiques pour y réaliser des achats.

Ainsi, une blockchain publique se caractérise par :

  • Un réseau décentralisé ouvert à tous sans aucune restriction
  • Une donnée consultable par tous sans aucune restriction
  • Une donnée inscrite dans la blockchain. Cette donnée est indélébile, infalsifiable et donc non modifiable à posteriori.

Les exemples de blockchains publiques sont nombreux. Le plus célèbre et plus ancien étant le protocole Bitcoin.

Blockchains permissionnées (ou blockchain privée de consortium)

Une blockchain permissionnée est seulement partiellement décentralisée et se différencie des précédentes (blockchains publiques) car son réseau est seulement accessible à un nombre limité d’utilisateurs. Par conséquent, les nouveaux membres doivent être validés par les ‘nœuds’ (nodes), membres déjà existants dans le consensus (consortium).

Dans ce cas, l’accessibilité de la donnée dépend également des droits d’accès de chaque nœud.

Pour être plus concret, l’on pourrait comparer une blockchain permissionnée à une place de marché ‘corporative’ (le ‘consortium’) pour laquelle seuls les membres du consortium seraient autorisés à ouvrir une boutique pour y proposer produits et services. Néanmoins, des dérogations peuvent être accordées par le consortium à certains pour y lancer d’autres boutiques. Les allées et venues dans cette place de marché sont normalement restreintes par les règles définies par le consortium.

Notons que la grande majorité des blockchains permissionnées (de consortium) existantes fonctionnent selon le système de ‘Proof of Authority’ (PoA). Le système PoA est un algorithme de consensus fondé sur l’identité des nœuds. Les blocs et transactions sont alors validés par certains comptes, qualifiés de ‘validateurs’.

Cet type de consensus est évidemment largement critiqué par les ‘puristes’ de la blockchain (publique) puisqu’il demeure fortement centralisé.

A titre d’exemples, citons,

1/ le protocole Ripple (voir notre article du 23 janvier 2020), qui apparaît comme la blockchain permissionnée la plus connue. A l’image de la solution SWIFT (réseau international de communication électronique entre participants de marchés) Ripple propose un système de règlement et de transfert, à savoir la possibilité de réaliser toute transaction de manière sécurisée, instantanée et gratuite. Cette solution de nouvelle génération a été construite pour les banques et institutions financières. Au sein de la blockchain Ripple, celles-ci représentent donc les membres validateurs du consortium.

2/ La société Funds DLT qui est une plateforme technologique basée sur la blockchain pour l’industrie de l’investissement et incubée par la Bourse de Luxembourg.

Funds DLT repose sur une blockchain permissionnée (à ses membres) basée sur Ethereum, censée répondre aux enjeux de confidentialité et de performance des acteurs de l’investissement, de la gestion et de la distribution de fonds.

 

 

Blockchains privées (avec organe de gouvernance centralisé)

A contrario des blockchains publiques, les blockchains privées (dont les blockchains permissionnées représentent un cas particulier) sont assimilables à des bases de données distribuées.

Leurs caractéristiques sont les suivantes :

  • Le réseau est accessible à un nombre limité d’utilisateurs. Les nouveaux entrants doivent être validés par un organe central de décision
  • L’accessibilité de la donnée dépend des droits d’accès de chaque nœud. Cela est défini par l’organe central décisionnaire
  • Sur une blockchain privée, le consensus repose sur la confiance portée à l’ensemble des nœuds validateurs

Une blockchain privée peut être comparée à une place de marché dans laquelle tous les membres autorisés à lancer une boutique pour y vendre leurs produits et services feraient partie de la même structure ou de la même entreprise.

De ce fait, les cas d’usage sont très fréquents. Assimilables à des bases de données distribuées, elles sont utiles pour partager des données confidentielles ou importantes à l’intérieur d’une organisation ou au sein des différentes entités d’un groupe.

 

 

Conclusion :

Au-delà du schéma nouveau que représentent les blockchains publiques, les blockchains privées ou permissionnées s’avèrent utiles pour certains cas d’usage précis. Celles-ci se mettent en place progressivement sur des sujets précis dans différents domaines de l’activité économique et de la finance (transfert de monnaies, banque d’investissement et distribution en gestion d’actifs, traçabilité dans différents domaines de l’activité industrielle et agroalimentaire etc…).  

Mais n’oublions pas que la véritable disruption amenée par la blockchain provient des blockchains publiques (type Bitcoin) qui reposent sur une philosophie collaborative, ouverte, distribuée et décentralisée.

A propos du redacteur…

Une passion : l’économie, la finance comportementale et l’émergence des actifs digitaux

Yves a débuté sa carrière dans le métier de la gestion en 1986 ou il a occupé différents postes de gérant de fonds actions et de fonds diversifiés au Crédit Commercial de France puis au sein du groupe Barclays à Paris. En 1998, il a pris la direction de la gestion actions et diversifiée puis de la gestion de la structure française du groupe néerlandais Robeco avant de rejoindre Natixis Asset Management en 2012 en tant que directeur de la Business Unit de gestion actions. Yves quitte Natixis AM en 2018 pour intervenir en indépendant auprès d’investisseurs professionnels et d’entreprises (conseil en levée de capital).

Amateur de sports d’endurance (course à pied et natation), Yves est aussi passionné par les sciences humaines, en particulier l’histoire et l’économie. Mais ce sont les aspects comportementaux des mécanismes économiques et l’analyse comportementale des marchés qui sont pour lui une source constante de réflexion et d’échange. Depuis quelques années, le sujet de la ‘blockchain’ et l’émergence des crypto actifs représentent pour lui un nouveau sujet de passion et d’opportunités.

Yves Maillot

Relations investisseurs Analyste stratégiste de marchés

Yves Maillot

Relations investisseurs Analyste stratégiste de marchés

La mécanique de création limitée des bitcoins en fait un actif déflationniste inégalé. Voyons pourquoi!

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Les paradoxes de l’idéologie de la blockchain

Les paradoxes de l’idéologie de la blockchain

Les paradoxes de l’idéologie de la blockchain

Les principes fondateurs de la blockchain amènent à une vraie rupture dans le fonctionnement des systèmes dans lesquels elle s’installe. Il n’en demeure pas moins que des paradoxes apparaissent dans ses principes.

Cet article s’adresse à des lecteurs ayant déjà acquis un certain niveau de connaissance dans le domaine de la Blockchain et des crypto-monnaies. Si l’article vous paraît indigeste, n’hésitez pas à choisir une autre difficulté dans l’encadré ci-dessous wink

Difficulté de l’article:

Choisir une autre difficulté

A la suite de la crise financière de 2008, la communauté à la source de la philosophie qui a imaginé et construit la blockchain est qualifiée de crypto-anarchiste ou crypto libertarienne. Elle a décidé d’utiliser la cryptographie (dans le cyberespace) pour échapper au contrôle et à la maitrise des autorités et gouvernements Ainsi a été construit un monde sans frontières, délivré des différences qualitatives du monde réel, des territoires, des lois positives et de la surveillance des puissances publiques. Mais des paradoxes émergent de cette philosophie sous-jacente.

Rupture et 1er paradoxe : Refus de surveillance face à la nécessité de transparence

Refus de surveillance – Que la technologie blockchain permette de se soustraire au contrôle de l’Etat n’implique aucunement l’opacité totale du système.  En effet, la blockchain repose sur un registre (base de données) distribué, c’est-à-dire un réseau de machines (ou nœuds) dans lequel chaque transaction est rattachée à un bloc. Chaque bloc est rattaché à la blockchain dont l’intégralité est publique, c’est-à-dire  transparente.

D’un point de vue concret, cela signifie que pour devenir ‘mineur’ et participer au processus propre aux nœuds, à savoir l’activité de minage, il est nécessaire de détenir une copie exhaustive de la blockchain sur laquelle l’intégralité des transactions est littéralement gravée dans le ‘marbre’ et donc ouverte et accessible à tous. La blockchain permet donc d’établir une traçabilité totale et de conserver l’intégralité de l’historique des transactions effectuées.

La finalité de la cryptographie n’est donc pas de dissimuler l’existence des transactions mais de garantir leur authenticité et la permanence des données.

Ainsi se révèle un paradoxe qui structure pourtant le processus de la blockchain, fondée sur une philosophie du secret selon laquelle  la cryptographie et les algorithmes permettent d’échapper à la surveillance. Face à cette philosophie, l’idéologie moderne de la transparence et de la traçabilité serait en même temps nécessaire pour éviter une forme de domination de l’opacité. En effet, avec la blockchain, nous avons un système fiable et traçable d’informations à l’intérieur duquel il est non seulement impossible d’effacer une transaction antérieure, mais en plus, toute erreur se propageant sur la chaîne est aussitôt repérable.

 

2ème paradoxe : ‘Privacy’ ou espace secret contre données contrôlées du cyberespace – Sacralisation ou refus de la liberté de choix

Il est nécessaire de préciser que le secret correspond à un lieu ou à quelque chose qui est séparé du reste  Il s’agit d’une spatialité soustraite au regard habituel. De là provient un paradoxe qui tient à la nature de la cipherspace (espace crypté de la blockchain) qui est jugé supérieur qualitativement et donc préférable au cyberespace classique (ou ensemble de données numérisées qui constitue un univers d’informations lié à l’interconnexion globale des ordinateurs).

Le paradoxe consiste par conséquent à remarquer que la blockchain qui vise à se soustraire aux contrôles réglementaires, se conjugue à une exacerbation de l’idéologie de la transparence. Cet axe qui constitue la base philosophique (crypto-libertarienne) de la blockchain génère ainsi une difficulté logique, à savoir que le caractère de la dissimulation (secret) comme condition d’exercice de la liberté anéantit simultanément la liberté de choix.  

En somme, l’on doit se poser la question de savoir si cela à un sens de créer un cadre propice à l’exercice de la liberté individuelle à partir d’une origine qui la nie intrinsèquement.

 

3ème paradoxe : Liberté de la volonté contre liberté de l’anonymat

Dans l’espace secret que nous venons d’évoquer (cipherspace), la liberté n’est pas définie par l’exercice souverain de la volonté personnelle mais est d’abord appréhendée de manière négative comme le fait de ne pas être contrôlé ou , de ne pas être observé par une autorité transcendante. Il découle de cela que la liberté s’identifie à l’anonymat, donc à la dilution de l’identité de l’individu. Dès lors, l’idée d’imputation s’effondre, je suis libre du fait même que l’on ne peut pas m’imputer réellement telle ou telle parole ou tel ou tel acte dont la teneur est indécodable puisqu’elle est chiffrée.  

 

 Enfin, une autre contrainte s’exerce en permanence dans le cipherspace : la contrainte du temps. La création de l’espace secret s’accompagne d’une assomption du temps comme pilier substantiel de la limitation de la volonté de tous. Grâce à la traçabilité et l’audibilité qui caractérise la blockchain, le passé est conservé et cristallisé avec la certitude qu’il ne sera ni oublié, ni modifié grâce aux méthodes des ‘preuve de travail’ (POW) ou de consensus (POS) qui rendent impossible toute modification de l’historique.

Le passé est donc intégralement disponible, ce qui constitue un changement et une contrainte majeure à l’égard des volontés individuelles car celles-ci ne peuvent ni le taire, ni le modifier, ni même l’oublier.

A propos du redacteur…

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Yves a débuté sa carrière dans le métier de la gestion en 1986 ou il a occupé différents postes de gérant de fonds actions et de fonds diversifiés au Crédit Commercial de France puis au sein du groupe Barclays à Paris. En 1998, il a pris la direction de la gestion actions et diversifiée puis de la gestion de la structure française du groupe néerlandais Robeco avant de rejoindre Natixis Asset Management en 2012 en tant que directeur de la Business Unit de gestion actions. Yves quitte Natixis AM en 2018 pour intervenir en indépendant auprès d’investisseurs professionnels et d’entreprises (conseil en levée de capital).

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Yves Maillot

Relations investisseurs Analyste stratégiste de marchés

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Les contrats intelligents

Ces programmes informatiques irrévocables généralement déployés sur une blockchain et qui exécutent automatiquement un ensemble d’instructions prédéfinies offrent un levier considérable à une multitude de relations contractuelles.

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