);
Ethereum 2.0 : des avancées majeures

Ethereum 2.0 : des avancées majeures

Ethereum 2.0 : des avancées majeures

Ethereum est la deuxième blockchain la plus connue après Bitcoin. Des changements importants qui ont pour but essentiel d’améliorer la capacité de la blockchain Ethereum 1.0 à traiter un grand nombre de transactions vont bientôt se mettre en place.

Cet article s’adresse à des lecteurs ayant déjà acquis un certain niveau de connaissance dans le domaine de la Blockchain et des crypto-monnaies. Si l’article vous paraît indigeste, n’hésitez pas à choisir une autre difficulté dans l’encadré ci-dessous wink

Difficulté de l’article:

Bientôt, d’ici début 2021 (le projet a pris de nouveau un peu de retard), la blockchain Ethereum va commencer une longue transformation qui va la changer de façon spectaculaire et silencieuse. Si la mue aboutit, elle passera d’un protocole Proof-of-Work (PoW) ou ‘preuve de travail’   à un protocole Proof-of-Stake (PoS) ou ‘preuve d’enjeu’ moins énergivore, et augmentera sensiblement sa capacité à traiter les transactions.

Pourquoi le protocole Ethereum doit évoluer

Ethereum est un écosystème blockchain qui a été pensé et conçu pour les contrats intelligents (ou ‘Smart Contracts’ – voir notre article du 8 juillet 2020), des contrats qui s’auto-exécutent sans avoir recours à une partie tierce. Certains cas d’usages passés au succès fort (CryptoKitties par exemple) ont montré la limite du protocole Ethereum lorsque la volumétrie dépasse des niveaux importants (grand nombre de transactions). Dans ces cas précis, la conséquence principale a montré que le réseau a été congestionné et a sensiblement ralenti. Afin d’améliorer les performances de la blockchain, de la rendre plus rapide et ainsi capable de gérer un plus grand nombre de transactions, Ethereum va entamer la première phase de sa transformation. La phase 2, la dernière, est prévue ultérieurement à partir de 2022.

Fonctionnement

L’objectif de la première phase est la création de la ‘beacon chain’ qui permettra le passage du consensus PoW à PoS.

Comme mentionné, la ‘preuve de travail’ (PoW) est un consensus de validation des transactions basé sur le travail. Le mineur qui effectue efficacement et rapidement le travail de validation des transactions dans la blockchain peut recevoir  une récompense sous forme de crypto monnaie (reward). Comme il faut être le plus rapide, les mineurs du PoW déploient beaucoup d’énergie pour gagner contre leurs concurrents. L’inconvénient d’un tel algorithme est que le travail de l’ensemble des mineurs, à l’exception du plus rapide, est quelque part gaspillé puisqu’il ne permet pas de traiter d’autres transactions. Le résultat est que la blockchain PoW avance à la vitesse du mineur le plus rapide et qu’il n’est pas possible d’en faire travailler plusieurs en même temps, en parallèle  (en revanche, le travail simultané de nombreux mineurs augmente la sécurité de la blockchain).

Grâce à la ‘preuve d’enjeu’ (PoS) qui fait fonctionner un algorithme dont la philosophie différente permet à plusieurs mineurs, que l’on appelle validateurs (ou validators) de travailler en parallèle, la capacité de traitement peut être renforcée et la dépense d’énergie nettement réduite. Le travail parallèle (‘parallel run’)   augmente la productivité, ce qui dans le cas de la blockchain revient donc à augmenter la vitesse de traitement des transactions.

Dans le cas du protocole Ethereum, afin de participer au consensus PoS, les validateurs mettent en caution des éthers, la cryptomonnaie d’Ethereum. S’ils travaillent correctement, ils reçoivent une gratification sous forme de cryptomonnaie. Dans le cas contraire, ils perdent leur caution. Contrairement au consensus PoW, il n’y a pas de compétition entre les validateurs puisqu’il n’y a pas nécessité d’être le plus rapide. L’intérêt est donc de pouvoir faire travailler des participants en parallèle ainsi que de réduire la consommation énergétique. Le seul inconvénient du consensus PoS est qu’il réduit un peu la sécurité de la blockchain par rapport au consensus PoW.

Aménagement et bascule

Actuellement, Ethereum 1.0 fonctionne donc en mode PoW. Les deux principaux défis de la phase initiale sont donc :

1) d’aménager la blockchain pour permettre le travail en parallèle et

2) de la faire basculer dans le mode de consensus PoS et ceci sans interrompre les activités. Dans ce schéma, l’idéal serait donc que  les mineurs d’Ethereum 1.0 changent de travail et deviennent les validateurs d’Ethereum 2.0.

Avec cette première phase de bascule, la blockchain devient multiple. Au sommet de la chaine, il y a la beacon chain qui deviendra à terme la nouvelle blockchain principale ou Ethereum 2.0. Au-dessous de celle-ci se trouveront des shards, c’est-à-dire des blockchains – probablement au nombre de 64 – qui opéreront en parallèle selon les règles PoS et permettront ainsi à 64 validateurs de travailler en même temps. Le résultat de leur travail sera ensuite envoyé dans la beacon chain pour l’assemblage final. A terme, Ethereum  1.0 sera intégrée avec les 64 sous-chaines et n’en formera plus qu’une parmi d’autre.

Pour réussir cette mue, un basculement des habitudes est impératif. Concrètement, il faut que les mineurs d’Ethereum  1.0 changent de travail et deviennent les validateurs d’Ethereum 2.0. Mais dans le monde décentralisé de blockchains publiques, les mineurs sont libres d’agir à leur gré et de rester mineur ou de suivre le mouvement d’Ethereum 2.0.

Par conséquent, pour que cette mutation s’opère, un système d’incitation est mis en place afin d’attirer un maximum de validateurs et de permettre à la nouvelle organisation de se mettre en place.

Les phases de développement

En raison de ce changement fondamental, la mise à jour d’Ethereum 2.0 aura donc lieu en différentes  phases. La bascule totale va prendre beaucoup de temps  et ne sera pas finalisée avant plusieurs années. Vitalik Buterin, fondateur d’Ethereum, estime que 2.000 à 3.000 transactions par seconde sont actuellement possibles avec Ethereum 1.0. Mais que grâce à la version 2.0, la blockchain pourra atteindre environ 100.000 TPS.

 Phase 0

C’est la phase qui est lancée maintenant en 2020. Cela consiste en la création de la chaîne de blocs Ethereum 2.0. Mais les fonctionnalités seront minimales. Elle gérera l’enregistrement des validateurs et le mécanisme de consensus Proof of Stake.

Pour que la chaîne puisse démarrer avec la création de son bloc Genesis, au moins 524.288 ethers devront être ‘stakés’ (blocage des jetons comme mise en caution) sur le réseau. Ce qui signifie qu’il devrait y avoir au moins 16.384 validateurs. Ce chiffre a été fixé de façon arbitraire afin de garantir la sécurité et la décentralisation du réseau. Tant que ce chiffre ne sera pas atteint, les récompenses (rewards) ne seront pas distribuées aux ‘stakers’.

Afin de garantir le succès de cette première phase 0, il va donc falloir compter sur l’altruisme des premiers participants. A son démarrage, la chaîne de blocs PoW que nous connaissons continuera de fonctionner. L’activité du réseau continuera d’en dépendre totalement. L’idée n’est pas de saturer de transactions Ethereum 2.0 immédiatement mais de s’assurer du bon fonctionnement du consensus PoS.

Ce n’est que bien plus tard que les 2 chaînes de blocs Ethereum seront fusionnées pour ensuite reposer uniquement sur Proof of Stake.

 Phase 1

Le lancement de la phase 1 devrait débuter un an après le lancement de la phase 0. La phase 1 concerne l’intégration du concept de ’sharding’, la solution de scalabilité qui devrait décupler les capacités d’Ethereum. En bref, le sharding consiste à partitionner la chaîne de blocs en 64 chaînes distinctes (des shards). Cela permettra à Ethereum de créer simultanément 64 blocs au lieu d’un seul.

 Phase 1.5

La phase 1.5 correspond au  moment  ou les chaînes de blocs 1.0 et 2.0 seront fusionnées pour ne faire qu’une. Techniquement, la chaîne Ethereum 1.0 deviendra l’un des 64 shards d’Ethereum  2.0. Ce qui signifie que tout l’historique des transactions de la version 1.0 sera toujours disponible après la mise à jour (les éthers existants seront disponibles sur le nouveau réseau sans devoir effectuer d’opération de conversion).

 Phase 2

La phase 2 sera le véritable lancement d’Ethereum 2.0. Cela lancement n’interviendra pas avant 2 ans. C’est à partir de ce moment que l’on pourra utiliser pleinement le réseau avec ses caractéristiques PoS.

Et après ?

Ethereum 2.0 ne marque pas la fin du développement de la chaîne de blocs. Vitalik Buterin a partagé sa feuille de route pour Ethereum dans les 5 à 10 années à venir. Compression des données et solutions pour résister aux ordinateurs quantiques sont notamment des développements envisagés.

Conclusion

Ethereum 2.0 promet une mutation ambitieuse et très prometteuse en vue d’améliorer la capacité de la blockchain Ethereum 1.0 à traiter un grand nombre de transactions. La première phase de bascule qui démarre consiste à créer la beacon chain, les sous-chaînes, et à attirer le plus grand nombre de validateurs. Si cette transition réussit, Ethereum s’établira probablement dans la durée comme la plateforme de référence pour les smart contracts. Le défi est énorme et les possibilités d’Ethereum 2.0 sont multiples dans de nombreux domaines de l’activité économique et financière.

A propos du rédacteur…

Une passion : l’économie, la finance comportementale et l’émergence des actifs digitaux

Yves a débuté sa carrière dans le métier de la gestion en 1986 ou il a occupé différents postes de gérant de fonds actions et de fonds diversifiés au Crédit Commercial de France puis au sein du groupe Barclays à Paris. En 1998, il a pris la direction de la gestion actions et diversifiée puis de la gestion de la structure française du groupe néerlandais Robeco avant de rejoindre Natixis Asset Management en 2012 en tant que directeur de la Business Unit de gestion actions. Yves quitte Natixis AM en 2018 pour intervenir en indépendant auprès d’investisseurs professionnels et d’entreprises (conseil en levée de capital).

Amateur de sports d’endurance (course à pied et natation), Yves est aussi passionné par les sciences humaines, en particulier l’histoire et l’économie. Mais ce sont les aspects comportementaux des mécanismes économiques et l’analyse comportementale des marchés qui sont pour lui une source constante de réflexion et d’échange. Depuis quelques années, le sujet de la ‘blockchain’ et l’émergence des crypto actifs représentent pour lui un nouveau sujet de passion et d’opportunités.

Yves Maillot

Relations investisseurs Analyste stratégiste de marchés

Yves Maillot

Relations investisseurs Analyste stratégiste de marchés

Blockchains publiques, permissionnées et privées

Au-delà du registre distribué et décentralisé ouvert à tous (blockchain publique), il existe des blockchains ou les droits pour devenir membre du réseau varient d’un utilisateur à l’autre (blockchain privée et permissionnée ).

Les Utility Tokens au sein des crypto-actifs : recherche de classification

Au sein des crypto-actifs, les Utility Tokens tiennent une place particulière. Cet article est l’occasion d’établir une classification de ces nouveaux actifs ‘clés’ pour le monde de la blockchain, et de les comparer selon différents critères.

Les contrats intelligents

Les contrats intelligents

Les contrats intelligents

Ces programmes informatiques irrévocables généralement déployés sur une blockchain et qui exécutent automatiquement un ensemble d’instructions prédéfinies offrent un levier considérable à une multitude de relations contractuelles. Leurs applications sont très nombreuses.

Cet article s’adresse à des lecteurs ayant déjà acquis un certain niveau de connaissance dans le domaine de la Blockchain et des crypto-monnaies. Si l’article vous paraît indigeste, n’hésitez pas à choisir une autre difficulté dans l’encadré ci-dessous wink

Difficulté de l’article:

Le contrat intelligent (‘Smart Contract’) : définition

Les contrats intelligents ou ‘smart contracts’ sont des protocoles informatiques qui facilitent, vérifient et exécutent la négociation ou l’exécution d’un contrat. Ils disposent généralement d’une interface utilisateur et émulent la logique des clauses contractuelles. La plupart du temps, ils se déploient sur une blockchain. 

L’idée maîtresse derrière ce concept de contrat intelligent est de garantir la force obligatoire des contrats non plus par le droit, mais directement par le code informatique.

Comme pour chaque programme informatique, la complexité est variable d’un contrat intelligent à l’autre. Certains implémentent des conditions simples, à l’image d’une fonction « si » sur Excel (si telle condition est remplie, alors le contrat est exécuté -ou “if this then that” ) alors que d’autres contrats intelligents sont beaucoup plus complexes. En fait, les contrats intelligents ont pour ambition de répliquer toutes les clauses et les règles permettant à des sociétés de fonctionner. On parle ainsi de DAO, acronyme pour Decentralized Autonomous Organization ou ‘Organisation Autonome Décentralisée’ (voir notre article du 7 février). 

Histoire 

Souvent associé au protocole Ethereum qui se positionne comme une version programmable de Bitcoin et qui élargit considérablement le champ des applications décentralisées, l’expression « contrats intelligents » a été inventée par l’informaticien Nick Szabo en 1993, pour souligner l’importance d’apporter des pratiques « hautement évoluées » du droit des contrats, mais elle a été inspirée par des chercheurs comme David Chaum. Nick Szabo s’attendait à ce que la spécification, la vérification et l’exécution d’une opération grâce à des protocoles cryptographiques et d’autres mécanismes de sécurité numérique, puissent apporter une forte amélioration par rapport à la loi traditionnelle encadrant les contrats associés à leurs différentes clauses. Des chercheurs ont souligné l’intérêt que peuvent apporter les contrats intelligents en matière de sécurité. Cela s’est fait parallèlement à David Chaum et d’autres chercheurs de la communauté de cryptographie financière ont souligné l’intérêt des protocoles cryptographiques pour assurer la confidentialité de l’argent numérique, les informations d’identification et la signature électronique des contrats. Le développement des contrats intelligents résulte enfin des nombreux efforts pour améliorer les opérations dans diverses industries utilisant la technologie numérique. 

Avec l’avènement des protocoles à consensus distribué et des crypto-monnaies inventés pour permettre des échanges de valeurs numériques sans frontières, sécurisés, résistants à la censure et programmables, c’est tout un secteur technologique qui s’ouvre à la programmation de contrats intelligents. Ethereum est le protocole le plus connu dédié à la programmation des contrats intelligents, mais ce n’est plus le seul, et les contrats intelligents peuvent aujourd’hui être déployés sur de nombreuses autres blockchains concurrentes (EOS, Tezos, NEO ,…).

Fonctionnement d’un contrat intelligent

Le contrat intelligent propose en quelque sorte un équivalent informatique du contrat papier. Durant l’exécution du contrat intelligent, toutes les étapes de validation sont enregistrées dans la blockchain utilisée (la plus utilisée à ce jour étant Ethereum). Ce procédé permet de sécuriser l’ensemble des données en empêchant leur modification ou leur suppression à posteriori.

En pratique, l’immense majorité des contrats intelligents servent pour automatiser des échanges de valeur sous forme de crypto actifs. Toutes les écritures comptables relatives à ces échanges de valeurs numériques sont systématiquement inscrites dans la blockchain. De la sorte tous les transferts d’actifs, sont à la fois publics, prévisibles et irrévocables. N’importe qui peut vérifier sur la blockchain la bonne exécution du contrat et déterminer à qui appartient  l’actif.

Les contrats intelligents garantissent donc un ensemble extrêmement chargé de conditions d’exécution, qui ne laissent normalement pas de place au doute ou à la confusion. Les conditions sont très clairement fixées et l’interprétation du code est sans équivoque, contrairement à l’interprétation humaine, qui laisse toujours place à la négociation ou à la découverte d’un vide juridique. En effet, la blockchain vise à éliminer le plus possible l’incertitude et l’aléatoire, donc le contingent, de telle sorte que se substituent  à la confiance, elle-même toujours corrélée à la faillibilité d’un système, les notions d’assurance et de garantie. Assurance et garantie sont produites par l’itération de calculs dont les résultats sont considérés statistiquement satisfaisants, il en découle que c’est le domaine propre de l’humain qui disparaît progressivement au profit de procédures automatisées, fondées non sur la délibération mais sur la certification.  

Les contrats intelligents sont donc pour la plupart standardisés, (tout comme les contrats papiers), pour lesquels nous avons la possibilité d’utiliser des templates. Le standard de contrats intelligents le plus répandu est connu sous le nom de ERC20, et a pour fonction principale de permettre la création de tokens (actifs numériques, cryptomonnaies) sur le réseau Ethereum.

Avantages et inconvénients

Avantages

Les blockchains publiques offrent de formidables opportunités pour déployer des contrats intelligents de manière extrêmement sécurisée. Il existe actuellement des centaines de tokens (jetons numériques) ERC-20 (comme les crypto-monnaies issues d’un ‘smart contract’ ERC-20) dont la valorisation globale représente plusieurs milliards de dollars.

Les avantages des contrats intelligents sont multiples. Ils permettent de :

  • Sécuriser un accord entre deux parties (ou plusieurs) grâce à la transparence et    l’immutabilité des blockchains
  • Automatiser le paiement et éliminer les risques d’impayés, fréquemment observés dans le cadre d’un contrat traditionnel
  • Diminuer drastiquement les coûts intermédiaires dans l’élaboration, le suivi et la passation d’un contrat (exemple avec les notaires ou les avocats)

Inconvénients

Les contrats intelligents comportent cependant des inconvénients sur lesquels travaillent les spécialistes. Le principal inconvénient reste :

  • le risque de failles inhérent à tout programme informatique.

Le code des contrats intelligents est le plus souvent ‘open source’, mais si ce code est mal conçu, il peut permettre à des hackers (ou pirates informatiques) d’exploiter les failles qu’il contient au détriment des autres utilisateurs. 

L’exemple de piratage le plus connu est celui de The DAO  qui a entraîné une perte de l’équivalent de  plus de 150 millions de dollars (en ethers). A la suite de ce hack célèbre, la communauté Ethereum avait fait le choix douloureux de ré-écrire à posteriori l’historique des transactions inscrit dans la blockchain Ethereum afin de déposséder le hacker de son butin et de restituer les éthers volés à l’ensemble des victimes.

Ce type de problème pose la question de l’immutabilité des blockchains (« Code is Law ») face à la nécessité de réintroduire une intervention humaine dans le cadre d’un contrat intelligent. Une doctrine existe, soutenant qu’il serait envisageable de rajouter une forme de gouvernance supplémentaire aux blockchains orchestrée par un savant jeu de contrats intelligents pour définir des cas possibles d’arbitrage en cas d’urgence. A l’opposé, les puristes de Bitcoin et de ses évolutions sont partisans de préserver autant que possible ces écosystèmes de toute intervention humaine et politique.

Exemples de contrats intelligents 

Plusieurs blockchains laissent la possibilité de déployer ces contrats. La plus connue est bien entendue Ethereum, qui comprend déjà un grand nombre d’applications décentralisées programmées via contrats intelligents. Mais d’autres protocoles prometteurs, tels EOS, Tezos, NEO Cardano, Cosmos ou d’autres, rendent également possible la programmation de contrats intelligents. 

Pour l’instant, les contrats intelligents les plus éprouvés sont programmés sur Ethereum.  On en retrouve de plusieurs types selon les secteurs d’activité, comme  :

  • Échanges monétaires décentralisés : 0x, OmiseGo, MakerDAO
  • Jeux sur Blockchain : Cryptokitties, My Crypto Heroes, Etheremon 
  • Gambling : FCK, Playtowin, FunFair
  • Cloud décentralisé : Storj, iEx.ec
  • Plateformes de marchés prédictifs : Augur, Gnosis

Et bien d’autres…

Conclusion

L’économie des contrats intelligents ou ‘smart contracts’ est encore embryonnaire mais semble promise à un très bel avenir. De nombreuses applications décentralisées dans les secteurs de la santé, l’assurance, ou encore les chaînes d’approvisionnement (pharmaceutiques, agro-alimentaires, cosmétiques, etc.) sont actuellement en cours de développement. Les années qui viennent ont de grandes chances de proposer une organisation sensiblement différente de celle d’aujourd’hui, avec les actuelles versions de contrats papiers et d’applications régies par des tiers de confiance. Ce sera une économie dans laquelle les crypto actifs joueront un rôle essentiel.

A propos du rédacteur…

Une passion : l’économie, la finance comportementale et l’émergence des actifs digitaux

Yves a débuté sa carrière dans le métier de la gestion en 1986 ou il a occupé différents postes de gérant de fonds actions et de fonds diversifiés au Crédit Commercial de France puis au sein du groupe Barclays à Paris. En 1998, il a pris la direction de la gestion actions et diversifiée puis de la gestion de la structure française du groupe néerlandais Robeco avant de rejoindre Natixis Asset Management en 2012 en tant que directeur de la Business Unit de gestion actions. Yves quitte Natixis AM en 2018 pour intervenir en indépendant auprès d’investisseurs professionnels et d’entreprises (conseil en levée de capital).

Amateur de sports d’endurance (course à pied et natation), Yves est aussi passionné par les sciences humaines, en particulier l’histoire et l’économie. Mais ce sont les aspects comportementaux des mécanismes économiques et l’analyse comportementale des marchés qui sont pour lui une source constante de réflexion et d’échange. Depuis quelques années, le sujet de la ‘blockchain’ et l’émergence des crypto actifs représentent pour lui un nouveau sujet de passion et d’opportunités.

Yves Maillot

Relations investisseurs Analyste stratégiste de marchés

Yves Maillot

Relations investisseurs Analyste stratégiste de marchés

Blockchains publiques, permissionnées et privées

Au-delà du registre distribué et décentralisé ouvert à tous (blockchain publique), il existe des blockchains ou les droits pour devenir membre du réseau varient d’un utilisateur à l’autre (blockchain privée et permissionnée ).

Les Utility Tokens au sein des crypto-actifs : recherche de classification

Au sein des crypto-actifs, les Utility Tokens tiennent une place particulière. Cet article est l’occasion d’établir une classification de ces nouveaux actifs ‘clés’ pour le monde de la blockchain, et de les comparer selon différents critères.

Tout comprendre sur les ICO, STO et IEO

Tout comprendre sur les ICO, STO et IEO

Tout comprendre sur les ICO, STO et IEO

L’ICO est une innovation financière qui constitue une étape importante dans le processus de transformation déclenché par la blockchain. Elle bouleverse le rapport traditionnel à la propriété. Nous analyserons dans un second temps aussi les STO et IEO.

Cet article s’adresse à des lecteurs ayant déjà acquis un certain niveau de connaissance dans le domaine de la Blockchain et des crypto-monnaies. Si l’article vous paraît indigeste, n’hésitez pas à choisir une autre difficulté dans l’encadré ci-dessous wink

Difficulté de l’article:

Choisir une autre difficulté

1/ Qu’est-ce qu’une ICO ?

A l’image de l’IPO (Initial Public Offering ou mise en Bourse d’actions de sociétés)  sur le marché des actions cotées, une ICO (Initial Coin Offering) correspond à la mise sur le marché primaire d’un jeton numérique (token). Avant même la mise en place du service, le droit d’usage, via le jeton, est donc vendu en avance. Par ce biais, un entrepreneur peut récolter des fonds en cédant par anticipation un droit d‘usage futur.

De ce fait, on peut distinguer 2 types de parties prenantes à ce type d’opération :

  1. Les contributeurs au projet qui sont rémunérés par le jeton émis et les fondateurs du projet qui conservent une part des jetons et qui obtiennent évidement une valorisation de leur ‘entreprise’
  2. Les investisseurs dans le jeton (à la recherche de plus-value) ainsi que les consommateurs (ils cumulent souvent les deux rôles) qui achètent une ‘utilité’ future.

Un financement par le biais d’ICO s’applique intuitivement davantage à l’économie de service, sans que cela soit restrictif. Il faut pourtant noter que l’ICO n’est pas une condition indispensable à la réussite d’un projet Blockchain.Pour l’histoire, la première ICO a eu lieu en  juillet 2013 avec le projet Omni (plateforme ‘open-source’), laquelle a été suivie par l’ICO de 18 millions de dollars du fameux projet Ethereum en 2014.

Quelques chiffres

C’est en 2017 que les ICO ont émergé avec des montants croissants de levée grâce à un enthousiasme tiré par la forte montée du cours de Bitcoin et des autres crypto-monnaies.

En 2017, l’augmentation du nombre d’ICO et des volumes levés a été rapide, partant d’une dizaine de projets représentant 64 millions de dollars en avril pour atteindre 1.5 milliard de dollars répartis sur 197 projets en décembre de cette même année. Selon Coindesk, le succès était tel fin 2017, que pour les projets liés à la blockchain, les montants levés via ICO dépassaient largement les montants levés de façon traditionnelle par le ‘capital risque’ (797 millions de dollars contre 235).                         

Après la forte chute du prix du  Bitcoin au premier semestre 2018, les montants levés au second semestre ont évidemment très nettement chuté avec un montant moyen par opération qui s’est situé à 3,3 millions de dollars. Néanmoins, le nombre d’opérations est resté élevé (voir graphique – source Coindesk- Techcrunch), démontrant le dynamisme du monde de  la blockchain.

EVOLUTION DU NOMBRE D’ICO ET DU VOLUME LEVE MENSUELLEMENT – 2017  2018

Caractéristiques d’une ICO

L’ICO comporte des caractéristiques propres la distinguant des modes de financement classique. 

  • La libre circulation des jetons permet au marché de valoriser directement la fonction d’usage
  • Le financement par ICO permet la levée de moyens financiers à des projets qui n’auraient sans doute pas vu le jour et à des investisseurs d’intervenir sur des dossiers auxquels ils n’auraient pas eu accès. Ainsi, ce type d’opération pousse à l’extrême le principe de Crowdfunding mais via une ‘plateforme’ propre à chaque projet, sans agrégateur et donc sans intervention centralisée   
  • Le financement par ICO en ‘peer-to-peer’ permet la réduction de barrières à l’entrée. L’accès à moindres frais à des infrastructures existantes en ‘open source’ est facteur de compétitivité
  • L’utilisation d’un jeton permet un alignement d’intérêts dans ce nouvel écosystème 
  • Enfin, certaines problématiques existantes dans les modes de financement traditionnels sont évitées (opposition d’intérêt entre actionnaires et porteurs de dettes – voir travaux de Stiglitz et Weiss -1981) bien que d’autres apparaissent, en particulier la possible non convergence d’intérêt entre détenteurs de jetons et utilisateurs – consommateurs de ces mêmes jetons.
  • L’ICO permet de démocratiser l’accès à un placement en capital risque. En plus, l’investisseur dispose de la valeur utilitaire du jeton et peut en profiter en tant qu’utilisateur (early adopter). La barrière entre investisseurs professionnels et particuliers est ainsi supprimée. Mais se posent les questions importantes de choix judicieux des projets, et surtout de protection des épargnants particuliers.
ico

Les limites de l’ICO :

Les opportunités et afflux d’argent sur les opérations d’ICO  qui se sont multipliées  en 2017 ont aussi mis en exergue leurs limites. Les choix de projets par les investisseurs et l’engouement excessif du à l’accélération du prix de tous les crypto actifs ont logiquement fait apparaître les caractéristiques de mécanisme de bulle :

  • La flambée des capitalisations a attiré beaucoup trop de dossiers de financement très (trop) précoces (‘early stage’) et insuffisamment préparés
  • Cette phase a aussi engendré une surévaluation manifeste de beaucoup de projets, et même amenée en financement des ‘histoires’ vides de tout développement sérieux
  • A l’extrême, un certain nombre de fraudes à répétition ont aussi éclaté, et,
  • L’absence de réglementation de ces opérations a engendré de grosses déconvenues

Ces périodes ne durent jamais longtemps, la sélectivité naturelle associée à la chute des cours deviennent à un moment un élément salvateur qui permet d’assainir et de professionnaliser le marché.  

L’identification d’une bonne ICO

Comme beaucoup de fraudes (scams) ont quelque peu terni l’image de la blockchain et des crypto actifs, il convient d’approcher avec sérieux et rationalité l’analyse financière et stratégique d’un projet d’ICO en dépit d’ailleurs du risque et des incertitudes propres à des projets d’entreprises naissantes sur des segments souvent à gros potentiels.

 Voici quelques éléments d’analyse qui combinent à la fois :

 a/ des éléments traditionnels d’analyse d’un projet de start-up comme : 

  • Composition et expérience de l’équipe
  • Business model et marché adressé
  • Compétitivité de la technologie – barrières à l’entrée
  • Environnement concurrentiel          

b/ des éléments spécifiques à une start-up financée par un jeton (token)

  • Analyse du rôle du jeton dans le Business Model
  • Offre initiale du token : gestion de l’offre monétaire, mécanisme de ‘burn’ (destruction potentielle de jetons,…)
  • Séquence des opérations projetées et ‘road-map’
  • Utilisation des fonds levés
  • Visibilité au sein de l’écosystème et des médias spécialisés
  • Constitution et évolution d’une communauté : en effet, une communauté peut soutenir le projet  dans les phases difficiles. La construction d’une communauté autour de l’initiative est assez essentiel. 

2/ Les STO et les IEO

Face aux problématiques des ICO expérimentées parfois durement pendant la phase d’euphorie de fin 2017  et des déconvenues sur les ICO, en particulier en raison de l’absence de réglementation et de statut juridique propre , mais aussi en raison des fiascos et des fraudes sur certains projets datant de cette période (on estime à moins de 10% les projets ‘sérieux’ et solides ayant résistés à la phase de purge de 2018), se développe depuis 2019 la ‘tokénisation’ d’actifs sous forme dite de STO (Security Token Offering)

STO :

De façon très simple, un ‘security token’ est une action digitalisée et échangeable sur une blockchain. L’opération de STO constitue une première étape à une tokénisation à plus grande échelle d’actifs financiers ou immobiliers par exemple (voir article du 31 mars sur la tokénisation d’actifs réels).

L’avantage réside essentiellement dans un arrimage au droit positif plus aisé lorsqu’il s’agit d’un ‘security token’ que lorsqu’il s’agit d’un crypto actif standard ou ‘utility token’ par exemple. En effet, la nature des droits associés à un ‘security’ hors blockchain est bien balisée au niveau juridique. En droit français, il a d’ailleurs été autorisé dès 2018 les échanges ‘peer-to-peer’ de titres financiers (existants) non cotés via blockchain. Ce mécanisme peut donc permettre d’accroître la liquidité des actifs et améliorer l’efficacité opérationnelle du système financier à l’avenir, entre autre grâce à la fluidité des opérations et à la possible et importante réduction des coûts de traitement de toute nature.  

Citons enfin les IEO (Initial Exchange Offering) ou offre d’échange initial  qui se développent depuis quelque temps. Il s’agit en fait d’une variante des offres de tokens ou ICO mais qui sont opérées directement par les plateformes d’échange de crypto monnaies. Une facilitation (mais aussi une certaine centralisation) du mécanisme d’offre et d’information est ainsi apportée.

Conclusion

Après la vague innovatrice et très spéculative des ICO, l’utilisation et le développement des Security Tokens à travers les opérations de STO représentent une étape importante dans la vague de tokénisation des actifs. Grâce à la création de nouveaux droits, modulables et échangeables ‘peer-to peer’, ces nouveaux modèles (programmables) vont permettre l’émergence de nouvelles formes de valeurs et de nouveaux business models.

A propos du redacteur…

Une passion : l’économie, la finance comportementale et l’émergence des actifs digitaux

Yves a débuté sa carrière dans le métier de la gestion en 1986 ou il a occupé différents postes de gérant de fonds actions et de fonds diversifiés au Crédit Commercial de France puis au sein du groupe Barclays à Paris. En 1998, il a pris la direction de la gestion actions et diversifiée puis de la gestion de la structure française du groupe néerlandais Robeco avant de rejoindre Natixis Asset Management en 2012 en tant que directeur de la Business Unit de gestion actions. Yves quitte Natixis AM en 2018 pour intervenir en indépendant auprès d’investisseurs professionnels et d’entreprises (conseil en levée de capital).

Amateur de sports d’endurance (course à pied et natation), Yves est aussi passionné par les sciences humaines, en particulier l’histoire et l’économie. Mais ce sont les aspects comportementaux des mécanismes économiques et l’analyse comportementale des marchés qui sont pour lui une source constante de réflexion et d’échange. Depuis quelques années, le sujet de la ‘blockchain’ et l’émergence des crypto actifs représentent pour lui un nouveau sujet de passion et d’opportunités.

Yves Maillot

Relations investisseurs Analyste stratégiste de marchés

Blockchains publiques, permissionnées et privées

Au-delà du registre distribué et décentralisé ouvert à tous (blockchain publique), il existe des blockchains ou les droits pour devenir membre du réseau varient d’un utilisateur à l’autre (blockchain privée et permissionnée ).

Les Utility Tokens au sein des crypto-actifs : recherche de classification

Au sein des crypto-actifs, les Utility Tokens tiennent une place particulière. Cet article est l’occasion d’établir une classification de ces nouveaux actifs ‘clés’ pour le monde de la blockchain, et de les comparer selon différents critères.

Les Utility Tokens au sein des crypto-actifs : recherche de classification

Les Utility Tokens au sein des crypto-actifs : recherche de classification

Les Utility Tokens au sein des crypto-actifs : recherche de classification

Au sein des crypto-actifs, les Utility Tokens tiennent une place particulière. Cet article est l’occasion d’établir une classification de ces nouveaux actifs ‘clés’ pour le monde de la blockchain, et de les comparer selon différents critères.

Cet article s’adresse à des lecteurs ayant déjà acquis un certain niveau de connaissance dans le domaine de la Blockchain et des crypto-monnaies. Si l’article vous paraît indigeste, n’hésitez pas à choisir une autre difficulté dans l’encadré ci-dessous wink

Difficulté de l’article:

Choisir une autre difficulté

Introduction

Les Utility Tokens (ou jetons numériques d’utilité) n’ont pas pour objectif de constituer une monnaie à proprement parler (réserve de valeur ou moyen de paiement) comme c’est le cas pour un certain nombre de crypto monnaies, mais de permettre l’accès à un service ou à un produit.

De façon simplifiée, on peut comparer les crypto actifs,

1/ soit à une pièce de monnaie digitale d’un système monétaire alternatif (digital coin ou crypto-monnaie)

2/ soit à un jeton d’une forme particulière permettant d’accéder à un droit d’usage  (token associé à un droit spécifique) ou financier (dividende par exemple).Il s’agit dans ce cas d’un utility token.

Parmi ces catégories, les crypto-actifs revêtent des réalités multiples, dépendants de différents paramètres. Ainsi, il m’est apparu important de construire un cadre d’analyse et de classification permettant d’éclaircir la vision de ce nouvel univers de valeurs. Celui-ci peut être décliné sur la base de critères technique, stratégique, financier et juridique.

A/ – Origine

Il s’agit de segmenter par l’identification des acteurs qui émettent les tokens dans l’éco système :

  • L’émetteur peut être unique, ce qui est généralement le cas pour la plupart des utility tokens. Ceux-ci sont créés une fois par l’entreprise initiatrice et mis en vente via une ICO par exemple (Initial Coin Offering) 
  • L’émetteur peut être décentralisé, c’est-à-dire que n’importe quel membre du réseau participant au processus de création monétaire se trouve à l’origine de la création des tokens (crypto monnaies en l’occurrence).L’exemple le plus connu est celui de Bitcoin avec son processus de minage ‘proof of work’ (preuve de travail) qui place le mineur au centre de l’origine de chaque ‘coin’ créée et le rémunère en conséquence.
  • L’émetteur est multiple (groupe d’émetteurs) dans le cas d’un comité de nodes (nœud d’émetteurs) pour une blockchain permissionnée par exemple (lire notre article publié le 31/03/2020)

     B/- Usage

    Il s’agit de distinguer les crypto-actifs par l’objectif et l’usage qu’ils poursuivent.

    • usage monétaire (crypto monnaie), pour remplir les fonctions d’une monnaie, soient les fonctions de paiement, d’unité de compte et de réserve de valeur
    • usage financier (security tokens) lorsque les tokens représentent un actif financier
    • usage utilitaire (utility tokens) : dans ce cas, le token est le moyen d’accéder à un service ou à un produit bien spécifique. Il peut aussi s’agir de rémunérer des incitations
    • usage hybride entre l’usage monétaire et utilitaire pour le fonctionnement de blockchains auxquelles sont associées une crypto monnaie (exemples de Ethereum, Tezos, NEO, EOS,…). Cela correspond à la faculté de développement d’applications dédiées dans le cadre d’infrastructures ‘nourries’ par ces tokens spécifiques

    C/ Offre

    L’offre correspond au nombre d’unités qui seront créées par les participants agréés. Il peut s’agir :

    • d’une offre fixe : c’est généralement le cas lors d’ICO ou l’ensemble de l’offre de jetons (tokens ou coins) dite ‘total supply’ est inscrite dans le whitepaper.Tout cela est auditable dans la blockchain.
    • d’une offre limitée (déflationniste) comme pour Bitcoin ou le nombre total d’unités à émettre est connu (21 millions) selon une courbe de création monétaire progressive grâce au mécanisme de minage
    • d’une offre illimitée : il s’agit de la tokenisation dédiée à un service ou à un bien de consommation par exemple et pour lequel il est nécessaire que le processus soit continu et ‘sans limite’ (offre inflationniste)

    D/-Décentralisation et Technologie

    Décentralisation : le degré de centralisation/ décentralisation est variable selon les projets qui peuvent être :

    • Centralisés : dans le cadre d’une blockchain dédiée à un service/produit au sein d’une entreprise, le fonctionnement sera similaire à celui d’un fonctionnement traditionnel (centralisé) mais le ‘carburant monétaire’ sera des jetons numériques (tokens) au lieu d’être de la monnaie standard.
    • Semi-centralisés : dans ce cas, l’utilisation est soumise à quelques nœuds, comme dans le cas de blockchains permissionnées
    • Décentralisés : une fois le token émis, il circule librement en ‘peer- to- peer’ sans intervention d’une entité centrale
    • Concernant l’aspect technologique qui se combine à l’aspect ‘dé/centralisation’, on peut distinguer :
    • Les tokens natifs qui sont implémentés au niveau du protocole de la blockchain et font partie du mécanisme de consensus (crypto-monnaies ou ‘chain producers’ du type Ether sur la plateforme Ethereum)
    • Les tokens de protocole non natifs implémentés dans un protocole économique reposant sur une infrastructure blockchain (ceci est le cas pour la plupart des Chain producers)
    • Les DApps tokens ; il s’agit de tokens permettant d’accéder à une application. Il sont implémentés sur le niveau applicatif reposant sur l’infrastructure d’une blockchain 
    • ( en tant que Chain producer, la plateforme Ethereum accueille des projets fonctionnant avec leurs propres tokens en norme ERC-20). C’est aussi le cas pour la plupart des security tokens.

    E/-Droits associés

    Ceux-ci diffèrent en fonction des utilisations. On peut distinguer :

    Le vote et la propriété : ces droits sont généralement associés au security token

    • L’usage : ce droit est lié à l’utilisation d’un service/ produit ou du réseau. Il correspond pleinement aux possibilités de l’utility token
    • Le travail : il s’agit ici du droit à contribuer au réseau. Il nécessite la possession du token. Il permet la rémunération en crypto-actifs / tokens (exemple du processus de validation dit ‘preuve d’enjeu’ ou ‘proof of stake’ qui nécessite l’existence d’un compte séquestre pour pouvoir participer au processus via le calcul de son poids en tokens dans l’algorithme de validation)
    • Les droits hybrides ou multiples : dans certains protocoles, le token peut à la fois donner un ‘droit au travail’, à l’utilisation et à la propriété (Ether, Dash, Cardano)

    F/-Enfin, il est aussi intéressant de mentionner la notion de ‘durée de vie’ des tokens car ceux-ci peuvent être :

    • A utilisation unique, lorsque, après utilisation, il est détruit (‘brûlé’ selon la terminologie consacrée) – exemple d’un token représentant un ticket pour un évènement (sportif ou spectacle par exemple…)
    • A utilisation permanente ou le token(utility) n’a pas vocation à disparaître après utilisation. C’est clairement le cas de beaucoup de tokens appelés abusivement ‘crypto monnaies’
    • A utilisation multiple dans le cas ou le token est ‘brulé’ après un certain nombre d’utilisations.  

    Exemples d’Utility Token

    Le nombre de cas d’usage d’Utility Tokens commencent à vraiment se développer. Parmi certains cas connus, citons par exemple :

    • Le Binance Coin (BNB) qui représente la crypto monnaie ou jeton de la plateforme d’échange Binance (à ce titre, il dispose d’une valeur spéculative ou de réserve) mais en tant que jeton d’utilité, BNB permet d’obtenir des réductions de commissions de transactions sur la plateforme ou des gains liés aux parrainages.
    • De son côté, le jeton iExec (RLC) a pour vocation de fournir des services et de la capacité informatique dans le Cloud computing.

    Conclusion

    En guise de conclusion, résumons la classification présentée dans cet article qui distingue :

    • les crypto monnaies ‘stricto sensu’ assimilables à des monnaies digitales ou ‘digital coins’ (exemple Bitcoin)
    • les security tokens qui sont comparables à des actifs financiers sous forme digitale
    • les jetons d’utilité (utility tokens) qui peuvent être comparés pour partie à des actifs financiers digitaux mais qui sont à la source, porteurs d’une valeur utilitaire sur un service ou un produit
    •  D’autres éléments caractéristiques tels que :
    • l’émetteur d’origine
    • la profondeur de l’offre,
    • le niveau de décentralisation
    • la nature technologique
    • les droits qui sont associés
    • et la durée de vie du jeton  qui sont autant de paramètres cruciaux dans la définition de ces crypto actifs.

    A propos du redacteur…

    Une passion : l’économie, la finance comportementale et l’émergence des actifs digitaux

    Yves a débuté sa carrière dans le métier de la gestion en 1986 ou il a occupé différents postes de gérant de fonds actions et de fonds diversifiés au Crédit Commercial de France puis au sein du groupe Barclays à Paris. En 1998, il a pris la direction de la gestion actions et diversifiée puis de la gestion de la structure française du groupe néerlandais Robeco avant de rejoindre Natixis Asset Management en 2012 en tant que directeur de la Business Unit de gestion actions. Yves quitte Natixis AM en 2018 pour intervenir en indépendant auprès d’investisseurs professionnels et d’entreprises (conseil en levée de capital).

    Amateur de sports d’endurance (course à pied et natation), Yves est aussi passionné par les sciences humaines, en particulier l’histoire et l’économie. Mais ce sont les aspects comportementaux des mécanismes économiques et l’analyse comportementale des marchés qui sont pour lui une source constante de réflexion et d’échange. Depuis quelques années, le sujet de la ‘blockchain’ et l’émergence des crypto actifs représentent pour lui un nouveau sujet de passion et d’opportunités.

    Yves Maillot

    Relations investisseurs Analyste stratégiste de marchés

    Yves Maillot

    Relations investisseurs Analyste stratégiste de marchés

    Blockchains publiques, permissionnées et privées

    Au-delà du registre distribué et décentralisé ouvert à tous (blockchain publique), il existe des blockchains ou les droits pour devenir membre du réseau varient d’un utilisateur à l’autre (blockchain privée et permissionnée ).

    Les Utility Tokens au sein des crypto-actifs : recherche de classification

    Au sein des crypto-actifs, les Utility Tokens tiennent une place particulière. Cet article est l’occasion d’établir une classification de ces nouveaux actifs ‘clés’ pour le monde de la blockchain, et de les comparer selon différents critères.

    Tout comprendre sur le Tezos!

    Tout comprendre sur le Tezos!

    Tout comprendre sur le Tezos!

    Dans le monde de la blockchain, Tezos est un projet qui s’est fait remarquer. Tezos est une nouvelle plateforme destinée aux smart contracts et aux applications décentralisées.

    Cet article s’adresse à des lecteurs ayant déjà acquis un certain niveau de connaissance dans le domaine de la Blockchain et des crypto-monnaies. Si l’article vous paraît indigeste, n’hésitez pas à choisir une autre difficulté dans l’encadré ci-dessous wink

    Difficulté de l’article:

    Choisir une autre difficulté

    Historique

    Tezos est le produit de plusieurs années de réflexion. La première version du White paper est sortie en 2014. Les deux auteurs sont, Arthur et Kathleen Breitman. A ses débuts, Arthur Breitman était ingénieur-chercheur pour Google X et Waymo. Plus tôt dans sa carrière, il a notamment travaillé comme analyste quantitatif pour Goldman Sachs et Morgan Stanley. Il est diplômé de l’Ecole Polytechnique et de l’Université de New York où il s’est consacré aux mathématiques appliquées.Sa femme et partenaire Kathleen Breitman est également diplomée de l’Université de New York. Le couple Breitman s’est ensuite entouré de spécialistes convaincus du développement d’écosystèmes décentralisés, auto-régulés et fortement sécurisés La combinaison de la vision de cette équipe, et d’une communauté grandissante a permis à Tezos de lever 232 millions de dollars en 2017, la somme la plus importante jamais levée à l’époque dans le monde crypto.

    L’ICO de Tezos s’est d’ailleurs distinguée de beaucoup d’autres, non seulement par la taille mais aussi parce qu’elle visait à attirer une communauté d’investisseurs tournés d’abord vers la technologie, communauté qui pourrait aider à l’évolution globale du projet. Tezos a ainsi levé en crypto monnaies 65 703 BTC et 361 122 ETH, soit un total de 232 millions de dollars.

    Un an après la fin de l’ICO, Tezos a réglé des problèmes de gouvernance avec la Fondation Tezos, fondation destinée à gérer les fonds recueillis et à promouvoir et développer le protocole Tezos. La communauté Tezos a de ce fait décidé de déployer sa propre fondation appelée la Fondation T2, et est entrée en partenariat avec les Breitman en subventionnant les développeurs pendant plusieurs mois. Après cette année compliquée mais fructueuse dans les phases de test du protocole, les choses se sont remis en ordre de marche et Tezos a lancé son betanet, la dernière étape avant le mainnet, qui s’est produit le 1er juillet 2018.

     

    Qu’est-ce que Tezos (XTZ) ? Décentralisation et auto-régulation

    Un peu de technique …

    La proposition de valeur principale de Tezos est une gouvernance “auto-régulée” au sein même du protocole.

    Les fondateurs de Tezos pensent qu’un système réellement décentralisé se doit de l’être à tous les niveaux, non seulement dans sa façon de découvrir les blocs, ‘broadcaster’ et valider les transactions ainsi qu’arriver à un consensus sur une même et unique chaîne. Mais chaque prise de décision doit être décentralisée, tout comme les propositions d’amendement du protocole.

    Si l’on compare Tezos et la plateforme la plus développée et la plus proche, Ethereum, les différences suivantes sont notoires :

    1) Premièrement, sur le système d’amendement d’Ethereum, afin qu’une amélioration de  protocole soit implémentée, le processus suivant est mis en place :

    1. Un “Ethereum Improvement Proposal” est soumis sur https://github.com/ethereum/EIPs
    2. Les “core” développeurs discutent des propositions lors d’entrevues ouvertes
    3. Si la proposition est amenée à être implémentée, les développeurs se mettent d’accord sur une date d’activation. Le numéro du bloc auquel la nouvelle version du protocole sera implémentée est communiqué à la communauté, donnant la possibilité aux noeuds du réseau d’updater la version qu’ils utilisent. Cette validation se fait donc « offchain » sur Ethereum.

     

     

     

    Maintenant, voyons ce que Tezos propose:

    Les évolutions de protocole sont organisées en “cycles d’élections” d’une durée de 262 144 blocs, soit environ 6 mois. Chaque cycle est divisé en 4 périodes:

    1. Durant la première période, les propositions d’amendement sont suggérées au réseau. Les créateurs des amendements ont la possibilité d’ajouter une “facture” à leur proposition et choisissent ainsi la récompense qu’ils obtiendront si leur proposition fini par être implémentée. Les détenteurs de tokens peuvent approuver ou désapprouver autant de propositions qu’ils le souhaitent durant cette période.
    2. Seule la proposition qui obtient le plus d’approbations passera dans le processus de sélection de la deuxième période. La proposition choisie doit obtenir une super-majorité de 80% de votes favorables. Si elle ne les atteint pas, alors la proposition est rejetée.
    3. Si elle est acceptée, la nouvelle version du protocole est implémentée automatiquement sur le testnet. Le protocole est ainsi testé intensivement durant cette phase et un nouveau vote nécessitant une super-majorité de 80% est mené.
    4. Cette période est une extension de la phase 3. Un vote de confirmation similaire prend place une fois de plus. Si celui-ci est validé, le nouveau protocole est automatiquement implémenté au premier bloc du nouveau cycle.

    Il est important de noter qu’un minimum de 8 000 XTZ sont nécessaires afin de pouvoir voter. Pour ceux qui détiennent moins de 8 000 XTZ, ils peuvent déléguer leurs droits de vote à la personne de leur choix.

     2) La deuxième caractéristique importante de Tezos est que le protocole est implémenté depuis le premier jour avec un mécanisme de consensus ‘Delegated Proof-of-Stake’ (Preuve d’enjeu déléguée) , nommé ‘Liquid Proof-of-Stake’ (Preuve d’enjeu Liquide).

    Dans Bitcoin ou Ethereum, un mécanisme de consensus par Preuve-de-Travail (Proof-of-Work) est utilisé, via lequel les mineurs offrent de la puissance de calcul informatique afin de trouver un hash valable qui leur permettra d’ajouter leur bloc de transactions à la blockchain et récupérer la récompense et les frais de transactions liés à ce bloc.

    Un autre mécanisme de consensus qui a été implémenté par Peercoin est la Preuve d’Enjeu (Proof-of-Stake). Au lieu de mettre chaque mineur en compétition afin de trouver un hash valable, un mineur est présélectionné pour miner un certain bloc dans le futur. Afin de s’assurer qu’il ne triche pas ou ne soit pas malhonnête, il devra mettre en séquestre un certain nombre de ses tokens avant même d’ajouter ses blocs à la blockchain. S’il essaye de tromper le réseau, il perdra ses fonds en séquestre. Cela veut dire que l’énergie nécessaire au fonctionnement du réseau est minimale (par rapport à la consommation nécessaire à la Preuve de Travail de Bitcoin) car il n’y a pas de dépense d’énergie en excès. Cependant, ce système ne travaille pas en faveur des petits détenteurs de tokens, qui n’ont pas suffisamment de ressources à mettre en séquestre pour avoir le droit de participer au système de génération des blocs et donc de rémunération.

     Fonctionnement de la preuve d’enjeu Tezos

    Tezos utilise le terme de bakeur pour les mineurs et de baking pour les opérations de minage.

        • Les activités de baking sont organisées en cycles de 4096 blocs (soit environ 3 semaines). A chaque cycle, les droits de baking sont attribués à une liste de bakers potentiels pour chaque bloc. Les détenteurs de tokens ont le droit de mettre leurs tokens en séquestre afin de valider les blocs et les ajouter à la blockchain, mais un minimum d’un “roll” (8 000 XTZ= 1 vote) est nécessaire pour être sélectionné. Être un noeud du réseau est aussi nécessaire.
        • Les petits détenteurs peuvent déléguer leurs tokens au baker de leur choix qui utilisera les droits de baking de leurs tokens contre un pourcentage de la récompense.
        • Deux différents types d’adresses existent dans Tezos : 

          a) les adresses de management qui ont un droit de dépense des XTZ, et 

          b) les adresses de délégation qui sont dérivées des précédentes et dont les fonds sont contrôlés par l’adresse de management mais pour lesquelles les droits de baking et de votes sont délégués à un service de délégation..

     ‘Bakers’ et ‘Endorsers’

    Alors que les bakers minent les blocs, les endorsers ont pour rôle de garantir la légitimité des blocs en apposant une signature sur les blocs dont ils sont responsables.

        • Les bakers doivent mettre en séquestre un minimum de 512 XTZ/par bloc. S’ils se comportent de manière malhonnête (par exemple une tentative de double dépense), ils perdront ce séquestre. Ce mécanisme assure la sécurité du réseau.
        • Les endorsers mettent 16 XTZ en séquestre. Il y a 32 endorsers par bloc.
        • La récompense par bloc et de 16 XTZ pour les bakers et 2 XTZ par endorser.

          La récompense maximale par bloc est donc actuellement de 80 XTZ.

     

    Caractéristiques économiques

    Avec la première version du protocole, une inflation de 5.5%  a été mise en place. En effet, à 80 XTZ par bloc et une minute par bloc, nous avons 80 x 60 mins x 24 heures x 365 jours d’XTZ créés par an (=42 Millions). De plus, lors du lancement du betanet, 763 Millions de XTZ étaient présents (lancement du ‘genesis block’) soit donc. 42M / 763 M= 5.51% du total d’XTZ

     Si 100% des tokens participaient au processus de baking, alors chaque détenteur de token recevrait 5.5% de plus en une année. Dans la pratique les tokens peuvent être distribués à chaque cycle: tous les 3 jours.

    Sécurité des smart-contracts via la vérification formelle

    L’histoire des crypto monnaies nous a montré jusqu’à présent que si des montants importants d’actifs de valeur sont détenus dans un système, des “hackers” essaieront de trouver, et trouveront éventuellement des vulnérabilités qui leur permettront de mettre la mains sur ces actifs.

    -Afin d’anticiper des erreurs dans les smart contracts , l’équipe derrière Tezos a pris la décision de construire son protocole en Ocaml, un langage axé sur la sécurité en facilitant les opérations de vérifications formelles, une technique permettant de prouver mathématiquement l’exactitude de programmes informatiques. 

    Les smart contracts sont eux écrits en Michelson, un langage ‘Turing Complete ‘ développé par l’équipe Tezos qui permet une vérification plus simple de la justesse de ces smart contracts.

     

    Cas d’usage – Conclusion

    Même si le fonctionnement de Tezos peut paraître trop compliqué, avec son token XTZ, 10 ème plus grande crypto monnaie capitalisant 1.8 milliard de dollars, le projet Tezos trouve de plus en plus d’applications concrètes d’utilisation de sa plateforme et de ses ‘smart contracts’, car les problématiques de scalabilité et de sécurité sont très bien maîtrisées, entre autre par le processus d’amendement. On peut ainsi citer :

    – Moneytrack, start-up  française  spécialisée dans le paiement qui a opté pour Tezos.

    – la Gendarmerie Nationale qui a implémentée un smart contract  Tezos. En effet, le centre de lutte contre les criminalités numériques utilise la blockchain publique pour la gestion de certaines notes de frais

    – Equisafe, société active dans la tokenisation de biens immobiliers  D’ailleurs, sur le sujet de l’immobilier, après la société Elevated Return en 2019, la société de conseil Advantage Blockchain s’est récemment associée à la société de transfert numérique Vertalo et au système de négoce alternatif tZERO pour tokeniser un wallet de portefeuille de propriétés d’une valeur cumulée de 300 millions de dollars, en utilisant Tezos.. Beaucoup d’opérations immobilières  tokenisées migrent sur Tezos en raison de sa sécurité renforcée.

    Malgré une approche souvent jugée trop peu ‘business oriented’, il semble donc que l’utilité et la qualité technique  de l’écosystème Tezos s’accroissent en permanence.

    A propos du redacteur…

    Une passion : l’économie, la finance comportementale et l’émergence des actifs digitaux

    Yves a débuté sa carrière dans le métier de la gestion en 1986 ou il a occupé différents postes de gérant de fonds actions et de fonds diversifiés au Crédit Commercial de France puis au sein du groupe Barclays à Paris. En 1998, il a pris la direction de la gestion actions et diversifiée puis de la gestion de la structure française du groupe néerlandais Robeco avant de rejoindre Natixis Asset Management en 2012 en tant que directeur de la Business Unit de gestion actions. Yves quitte Natixis AM en 2018 pour intervenir en indépendant auprès d’investisseurs professionnels et d’entreprises (conseil en levée de capital).

    Amateur de sports d’endurance (course à pied et natation), Yves est aussi passionné par les sciences humaines, en particulier l’histoire et l’économie. Mais ce sont les aspects comportementaux des mécanismes économiques et l’analyse comportementale des marchés qui sont pour lui une source constante de réflexion et d’échange. Depuis quelques années, le sujet de la ‘blockchain’ et l’émergence des crypto actifs représentent pour lui un nouveau sujet de passion et d’opportunités.

    Yves Maillot

    Relations investisseurs Analyste stratégiste de marchés

    Yves Maillot

    Relations investisseurs Analyste stratégiste de marchés

    Blockchains publiques, permissionnées et privées

    Au-delà du registre distribué et décentralisé ouvert à tous (blockchain publique), il existe des blockchains ou les droits pour devenir membre du réseau varient d’un utilisateur à l’autre (blockchain privée et permissionnée ).

    Les Utility Tokens au sein des crypto-actifs : recherche de classification

    Au sein des crypto-actifs, les Utility Tokens tiennent une place particulière. Cet article est l’occasion d’établir une classification de ces nouveaux actifs ‘clés’ pour le monde de la blockchain, et de les comparer selon différents critères.