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Blockchains publiques, permissionnées et privées

par | Mar 31, 2020 | 0 commentaires

Au-delà du registre distribué et décentralisé ouvert à tous (blockchain publique), il existe des blockchains où les droits pour devenir membre du réseau varient d’un utilisateur à l’autre (blockchain privée et permissionnée).

Cet article s’adresse à des lecteurs ayant déjà acquis un certain niveau de connaissance dans le domaine de la Blockchain et des crypto-monnaies. Si l’article vous paraît indigeste, n’hésitez pas à choisir une autre difficulté dans l’encadré ci-dessous wink

Difficulté de l’article:

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Blockchains publiques

Une blockchain publique pourrait être comparée à une place de marché. Elle est ouverte à tout le monde et toute personne est autorisée à ouvrir une ‘boutique’ pour y proposer ses produits et services. Dans ce cas de figure, aucune restriction n’existe quant aux allées et venues des visiteurs qui sont libres de visiter les différentes boutiques pour y réaliser des achats.

Ainsi, une blockchain publique se caractérise par :

  • Un réseau décentralisé ouvert à tous sans aucune restriction
  • Une donnée consultable par tous sans aucune restriction
  • Une donnée inscrite dans la blockchain. Cette donnée est indélébile, infalsifiable et donc non modifiable à posteriori.

Les exemples de blockchains publiques sont nombreux. Le plus célèbre et plus ancien étant le protocole Bitcoin.

Blockchains permissionnées (ou blockchain privée de consortium)

Une blockchain permissionnée est seulement partiellement décentralisée et se différencie des précédentes (blockchains publiques) car son réseau est seulement accessible à un nombre limité d’utilisateurs. Par conséquent, les nouveaux membres doivent être validés par les ‘nœuds’ (nodes), membres déjà existants dans le consensus (consortium).

Dans ce cas, l’accessibilité de la donnée dépend également des droits d’accès de chaque nœud.

Pour être plus concret, l’on pourrait comparer une blockchain permissionnée à une place de marché ‘corporative’ (le ‘consortium’) pour laquelle seuls les membres du consortium seraient autorisés à ouvrir une boutique pour y proposer produits et services. Néanmoins, des dérogations peuvent être accordées par le consortium à certains pour y lancer d’autres boutiques. Les allées et venues dans cette place de marché sont normalement restreintes par les règles définies par le consortium.

Notons que la grande majorité des blockchains permissionnées (de consortium) existantes fonctionnent selon le système de ‘Proof of Authority’ (PoA). Le système PoA est un algorithme de consensus fondé sur l’identité des nœuds. Les blocs et transactions sont alors validés par certains comptes, qualifiés de ‘validateurs’.

Cet type de consensus est évidemment largement critiqué par les ‘puristes’ de la blockchain (publique) puisqu’il demeure fortement centralisé.

A titre d’exemples, citons,

1/ le protocole Ripple (voir notre article du 23 janvier 2020), qui apparaît comme la blockchain permissionnée la plus connue. A l’image de la solution SWIFT (réseau international de communication électronique entre participants de marchés) Ripple propose un système de règlement et de transfert, à savoir la possibilité de réaliser toute transaction de manière sécurisée, instantanée et gratuite. Cette solution de nouvelle génération a été construite pour les banques et institutions financières. Au sein de la blockchain Ripple, celles-ci représentent donc les membres validateurs du consortium.

2/ La société Funds DLT qui est une plateforme technologique basée sur la blockchain pour l’industrie de l’investissement et incubée par la Bourse de Luxembourg.

Funds DLT repose sur une blockchain permissionnée (à ses membres) basée sur Ethereum, censée répondre aux enjeux de confidentialité et de performance des acteurs de l’investissement, de la gestion et de la distribution de fonds.

 

 

Blockchains privées (avec organe de gouvernance centralisé)

A contrario des blockchains publiques, les blockchains privées (dont les blockchains permissionnées représentent un cas particulier) sont assimilables à des bases de données distribuées.

Leurs caractéristiques sont les suivantes :

  • Le réseau est accessible à un nombre limité d’utilisateurs. Les nouveaux entrants doivent être validés par un organe central de décision
  • L’accessibilité de la donnée dépend des droits d’accès de chaque nœud. Cela est défini par l’organe central décisionnaire
  • Sur une blockchain privée, le consensus repose sur la confiance portée à l’ensemble des nœuds validateurs

Une blockchain privée peut être comparée à une place de marché dans laquelle tous les membres autorisés à lancer une boutique pour y vendre leurs produits et services feraient partie de la même structure ou de la même entreprise.

De ce fait, les cas d’usage sont très fréquents. Assimilables à des bases de données distribuées, elles sont utiles pour partager des données confidentielles ou importantes à l’intérieur d’une organisation ou au sein des différentes entités d’un groupe.

 

 

Conclusion :

Au-delà du schéma nouveau que représentent les blockchains publiques, les blockchains privées ou permissionnées s’avèrent utiles pour certains cas d’usage précis. Celles-ci se mettent en place progressivement sur des sujets précis dans différents domaines de l’activité économique et de la finance (transfert de monnaies, banque d’investissement et distribution en gestion d’actifs, traçabilité dans différents domaines de l’activité industrielle et agroalimentaire etc…).  

Mais n’oublions pas que la véritable disruption amenée par la blockchain provient des blockchains publiques (type Bitcoin) qui reposent sur une philosophie collaborative, ouverte, distribuée et décentralisée.

A propos du redacteur…

Une passion : l’économie, la finance comportementale et l’émergence des actifs digitaux

Yves a débuté sa carrière dans le métier de la gestion en 1986 ou il a occupé différents postes de gérant de fonds actions et de fonds diversifiés au Crédit Commercial de France puis au sein du groupe Barclays à Paris. En 1998, il a pris la direction de la gestion actions et diversifiée puis de la gestion de la structure française du groupe néerlandais Robeco avant de rejoindre Natixis Asset Management en 2012 en tant que directeur de la Business Unit de gestion actions. Yves quitte Natixis AM en 2018 pour intervenir en indépendant auprès d’investisseurs professionnels et d’entreprises (conseil en levée de capital).

Amateur de sports d’endurance (course à pied et natation), Yves est aussi passionné par les sciences humaines, en particulier l’histoire et l’économie. Mais ce sont les aspects comportementaux des mécanismes économiques et l’analyse comportementale des marchés qui sont pour lui une source constante de réflexion et d’échange. Depuis quelques années, le sujet de la ‘blockchain’ et l’émergence des crypto actifs représentent pour lui un nouveau sujet de passion et d’opportunités.

Yves Maillot

Relations investisseurs Analyste stratégiste de marchés

Yves Maillot

Relations investisseurs Analyste stratégiste de marchés

Blockchains publiques, permissionnées et privées

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