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La mécanique de création limitée des bitcoins en fait un actif déflationniste inégalé. Voyons pourquoi!

par | Jan 30, 2020 | 0 commentaires

Cet article s’adresse à des lecteurs ayant déjà acquis un certain niveau de connaissance dans le domaine de la Blockchain et des crypto-monnaies. Si l’article vous paraît indigeste, n’hésitez pas à choisir une autre difficulté dans l’encadré ci-dessous wink

Difficulté de l’article:

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Historique du cours du Bitcoin

Bitcoin a fêté ses dix ans et a été adopté par des millions de personnes. La hausse du cours de la crypto monnaie est unique et sa rareté en fait un actif déflationniste comparable à l’or.

« Je ne pense pas que nous puissions retrouver  une ‘bonne ‘ monnaie ‘ avant d’avoir retiré sa responsabilité des mains des gouvernements. Comme nous ne pouvons le faire par la force, tout ce qui est en notre pouvoir est de trouver une façon malicieuse de les contourner et qu’ils ne pourront arrêter »  

Friedrich Hayek (1984) économiste autrichien, spécialiste de la monnaie – prix Nobel d’économie 1974

Bitcoin: le plus performant des actifs déflationnistes

En effet, pour la première fois, l’humanité a recours à une commodité dont l’offre est strictement limitée. Quelque  soit le nombre de personnes utilisant son réseau, il ne peut y avoir plus de 21 millions de bitcoins disponibles. Il n’existe pas de possibilité technique d’augmenter l’offre pour coller à la demande grandissante. Si plus de gens demandent à détenir Bitcoin, le seul moyen de satisfaire leur demande passe par l’appréciation de la valeur du stock existant. C’est en ce sens que Bitcoin peut être qualifié d’actif déflationniste (offre limitée et valeur croissante).

« En ce sens, cela est plus typique d’un métal précieux. Au lieu de faire évoluer l’offre afin de maintenir la valeur de la monnaie inchangée, l’offre est prédéterminée, et c’est la valeur de la monnaie qui évolue. Comme le nombre d’utilisateurs augmente, la valeur de chaque ‘coin’ progresse. Le mécanisme s’alimente avec l’augmentation du nombre d’utilisateurs qui fait croître la valeur de Bitcoin, phénomène qui attire de nouveaux utilisateurs qui veulent tirer profit de la hausse de sa valeur. » – Satoshi Nakamoto , créateur du Bitcoin (2009)

Et parce que chaque bitcoin est divisible en 100 millions de satoshis, il y a une large marge de croissance de son adoption par le biais de l’utilisation d’unités toujours plus petites à mesure que la valeur s’apprécie. A l’image de l’or, ces caractéristique en fait une réserve de valeur, et à l’exception de l’or, toutes les formes de monnaies utilisées sont illimitées en quantité et donc mal adaptées à stocker de la valeur dans le temps. Bitcoin est surement une création de réserve de valeur les plus abouties. Car étant le moyen le moins cher d’acheter le futur, Bitcoin est un des rares médium garanti contre l’érosion quelle que soit la hausse de sa valeur. Ne requérant pas de présence physique (contrairement aux métaux précieux) compte tenu de sa conception ‘digitale’, Bitcoin est capable d’atteindre la rareté absolue. Bitcoin nous permet de transporter de la valeur digitalement sans dépendre du monde physique, ce qui permet d’effectuer très rapidement des transferts de montants importants à travers le monde. La rareté numérique de la première des crypto monnaies combine le meilleur des médias monétaires physiques (or, argent) sans aucun de leurs inconvénients pour les transporter. Bitcoin peut donc prétendre être la meilleure technologie d’épargne jamais inventée.

                    Graphique 1 – Poids relatifs des différentes formes de valeurs (en USD)

 Mais si Bitcoin commence à convaincre de plus en plus d’investisseurs avisés comme réserve de valeur, le graphique 1 nous montre à quel point sa capitalisation totale (avec environ 160 milliards de dollars US) est négligeable par rapport aux montants agrégés des dettes (244 trillions), de l’immobilier mondial (211 trillions) ou même de l’Or physique (9 trillions) avec qui il peut être comparé. 

Historique du cours de Bitcoin et modèle de revalorisation

Graphique 2 – Cours du Bitcoin en USD depuis 10 ans

Depuis le jour de sa première valeur en octobre 2009 à 0.08 cent de dollar US, et sur la base d’un cours à 8755$ le 27 janvier 2020, le prix du Bitcoin s’est apprécié de 1094374900% ! Même sur cinq ans, sa performance est presque aussi impressionnante avec +3191%, soit une rentabilité annuelle de 101% !

Mais plus intéressant que l’analyse du graphique 2, qui, compte tenu de cette progression vertigineuse du prix, écrase et obscurcit la vision des véritables cycles de cours qui se sont succédés depuis le début des phases d’adoptions de la crypto monnaie (2011/2012), regardons le graphique 3, construit sur une échelle logarithmique.

Ainsi, on peut distinguer 3 phases de ‘hausse – correction’ qui s’imbriquent assez clairement autour des deux précédents halving. Rappelons que le halving correspond au moment où la récompense de bloc pour les mineurs est divisée par deux (voir notre article du 31 octobre 2019 ici ).En effet, à chaque bloc miné, 50 bitcoins ont été générés toutes les 10 minutes pendant les 4 premières années d’existence de la crypto monnaie, puis cette valeur est passée à 25 bitcoins le 28 novembre 2012 et à 12,5 depuis le 9 juillet 2016. Tous les 210 000 blocs (soit environ 4 ans) la rémunération pour validation d’un bloc est diminuée pour décroître progressivement. Le prochain halving se déroulera en mai 2020 (voir graphique 3).  Les 3 cycles à distinguer se décompose donc de la façon suivante :

          Phase 1 :  Hausse du prix lors de la phase de démarrage et début d’adoption jusqu’au point haut d’environ 30$ durant l’année 2011, suivie d’une phase corrective (jusqu’à 2$)fin 2011 qui s’achève par une reprise ‘pré-halving’ (28 novembre 2012)

          Phase 2 de hausse en 2 temps qui porte le prix de Bitcoin jusqu’à 1240$ fin 2013 avant la correction de 2014 (faillite de la plateforme MtGox) ramenant le cours à 100$.

          Phase 3  de reprise haussière ‘pré 2ème-halving’ (9 juillet 2016) qui s’achève sur un nouvel épisode de très forte hausse en décembre 2017 à presque 20 000$.

–        Depuis début 2018, le cours de Bitcoin s’inscrit dans une longue phase corrective qui a d’abord ramené le prix jusqu’à 3200$ fin 2018 (baisse de 80% sur les points hauts) et d’une amorce de reprise haussière en 2 temps  ( phase 4 ?) depuis le mois de mars 2019, avec un niveau de 14000$ fin juin, suivi d’une nouvelle phase corrective qui semble s’achever (redémarrage de la hausse en ce début 2020 ?).

Graphique 3 – Cours du Bitcoin en USD et en échelle logarithmique

A ce jour, il a été créé 18 millions des 21 millions de bitcoins à créer (les derniers le seront en 2140). Comme le montre le graphique 3, le jour du prochain halving, il existera 18 375 000 bitcoins, soit 87.5% du total à créer. Cela illustre bien la chute rapide de la croissance des futures unités à miner puisqu’il faudra 120 ans pour créer les 12.5% restant.

De plus, il est intéressant de regarder attentivement le graphique 4 qui montre que la part ‘circulante’ des 18 millions de bitcoins existants est en réalité réduite car parmi ceux-ci :

1)  2.8 millions de bitcoins ont été perdus (ou oubliés)

2)  11.7 millions sont soigneusement conservés (‘Hodled’) par leurs détenteurs (soit 65% du total)

3)  Seuls 3.5 millions sont activement échangés, ce qui représente moins de 20% du total des bitcoins existants !

 Graphique 4 –Répartition des bitcoins existants (2020)

Conclusion 

On voit que face aux monnaies gérées par les banques centrales  qui alimentent une baisse programmée de leurs valeurs intrinsèques par expansion ‘indéfinie’ des bases monétaires, la mécanique de création limitée des bitcoins en fait un actif déflationniste inégalé. La programmation de sa rareté et la robustesse du mécanisme de création l’amènent à générer une  re- valorisation constante à travers le temps. Au-delà des cycles de volatilité propres à un actif côté, le modèle de progression exponentielle de sa valeur lié au halving (illustration sur le graphique 3) amènerait Bitcoin à un prix avoisinant 40 000 à 50 000$ après le prochain halving.    

A propos du redacteur…

Une passion : l’économie, la finance comportementale et l’émergence des actifs digitaux

Yves a débuté sa carrière dans le métier de la gestion en 1986 ou il a occupé différents postes de gérant de fonds actions et de fonds diversifiés au Crédit Commercial de France puis au sein du groupe Barclays à Paris. En 1998, il a pris la direction de la gestion actions et diversifiée puis de la gestion de la structure française du groupe néerlandais Robeco avant de rejoindre Natixis Asset Management en 2012 en tant que directeur de la Business Unit de gestion actions. Yves quitte Natixis AM en 2018 pour intervenir en indépendant auprès d’investisseurs professionnels et d’entreprises (conseil en levée de capital).

Amateur de sports d’endurance (course à pied et natation), Yves est aussi passionné par les sciences humaines, en particulier l’histoire et l’économie. Mais ce sont les aspects comportementaux des mécanismes économiques et l’analyse comportementale des marchés qui sont pour lui une source constante de réflexion et d’échange. Depuis quelques années, le sujet de la ‘blockchain’ et l’émergence des crypto actifs représentent pour lui un nouveau sujet de passion et d’opportunités.

Yves Maillot

Relations investisseurs Analyste stratégiste de marchés

Yves Maillot

Relations investisseurs Analyste stratégiste de marchés

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