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Ripple et XRP : la petite histoire

par | Jan 23, 2020 | 0 commentaires

Cet article s’adresse à des débutants dans le domaine de la Blockchain et des crypto-monnaies. Les informations citées ci-dessous sont volontairement simplifiées. Si toutefois, vous vous sentez d’attaque pour un article avec une difficulté de lecture plus élevée, n’hésitez pas à changer de curseur dans l’encadré ci-dessous wink
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Difficulté de l’article:

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Le protocole Ripple est multi  usages. Système de règlement et réseau de transferts, il permet des transactions sécurisées, instantanées et gratuites. XRP est sa crypto native.

Aussi appelé Ripple Transaction Protocol (RTXP),  Ripple est un système de :

1/ règlement en temps réel (RBTR)

2/ un marché où se réalisent des transactions de change

3/ un réseau de transfert de valeur

Lancé en 2012, le réseau Ripple vise à permettre des « transactions financières mondiales sécurisées, instantanées et presque gratuites, de toute taille sans rejets de débit». Ripple est à la fois un protocole internet distribué en Open Source, un registre de consensus et une crypto monnaie native appelée XRP. Ripple repose donc sur une base de données publique et  partagée (registre) qui utilise un processus de consensus permettant des paiements, échanges et envois de fonds, et ce, avec n’importe quelle unité de paiement  (monnaies fiduciaires ou crypto, matière première ou autres unités de compte).

      Il est utilisé par des établissements bancaires tels que Santander, UBS, Unicredit ainsi que Crédit Agricole pour organiser des transferts d’argent pour des clients résidant à l’étranger. Mais la première banque à avoir adopter Ripple a été la banque en ligne allemande Fidor Bank

      Parmi les validateurs figurent des entreprises, des fournisseurs d’accès Internet ainsi que le MIT

 Genèse du Ripple

Le prédécesseur du protocole de paiement Ripple  (Ripplepay) a été imaginé dès 2004 par un  développeur canadien (Ryan Fugger ) dans le but de fournir des options de paiement sécurisées aux membres d’une communauté en ligne via un réseau mondial.

Cette première étape a amené à la conception d’un nouveau système par Jed  McCaleb du réseau eDonkey et deux autres développeurs (Arthur Britto et David Schwartz). En mai 2011, ils ont commencé à développer un système de monnaie numérique dans lequel  les transactions étaient vérifiées par consensus plutôt que par le processus de minage (comme celui utilisé par Bitcoin). Cette nouvelle version du système visait à utiliser moins d’électricité que Bitcoin et effectuer des transactions beaucoup plus rapidement. Fin  2012, associée à d’autres spécialistes du sujet (Chris Larsen et d’autres) l’équipe a co-fondé la société OpenCoin (rebaptisée en 2013 Ripple Labs) qui a commencé à développer un nouveau protocole de paiement appelé le Ripple Transaction Protocol (RTXP)

Tel qu’il est pensé et conçu depuis ses débuts avec Ryan Fugger,  le protocole peut contourner les frais et délais d’attente du système de correspondance bancaire traditionnel. Par ailleurs, tout type de ‘valeur’ peut être échangé (devises fiat, or, miles de compagnies aériennes, etc…).

Pour maintenir la sécurité, Ripple s’appuie sur un registre commun qui est géré par un réseau de serveurs de validation indépendants qui comparent constamment leurs relevés de transactions. Les serveurs peuvent appartenir à tout le monde, y compris les banques ou les teneurs de marché.

En octobre 2013, Ripple Labs continua sur un partenariat plus avancé avec ZipZap, la relation étant perçue comme une menace pour les spécialistes du transfert, Western Union en tête.

 Une spécialisation : les transactions bancaires

Depuis ses débuts, Ripple a été adopté par un nombre croissant d’institutions financières pour offrir une option d’envois de fonds alternative. Le protocole permet les paiements transfrontaliers pour les clients particuliers, les entreprises et banques. Après la première adoption par Fidor Bank à Munich, Ripple Labs a commencé à travailler (fin 2014) avec le service global de paiement Earthport, combinant le logiciel Ripple avec le système de services de paiement d’Earthport (présent dans 65 pays). Les clients d’Earthport comprenaient des banques telles que Bank of America et HSBC.

Fin avril 2015, Western Union annonce qu’elle a l’intention d’expérimenter Ripple. Un mois plus tard, Commonwealth Bank of Australia annonce aussi son expérimentation.

En 2015, sur la base d’une violation de la loi sur le secret bancaire et des compléments ajoutés par le Financial Crimes Enforcement Network, Ripple Labs reçoit une amende de 700 000$. La société corrige rapidement  le tir par des mesures qui assurent la conformité avec un accord permettant l’échange XRP et l’activité « Ripple Trade » seulement par entreprises de services monétaires enregistrés (MSB). L’amélioration ajoute une surveillance anti-blanchiment des transactions sur le réseau et facilite l’analyse des transactions.  

Le 13 juin 2016, Ripple obtient une licence de monnaie virtuelle du département d’État des services financiers de New York, devenant ainsi la quatrième entreprise avec une « BitLicense ».

En août 2016, SBI Ripple Asie annonce la création d’un consortium bancaire japonais dans un nouveau réseau utilisant la technologie Ripple pour les paiements. Le consortium est officiellement lancé le 25 octobre 2016 avec 42 banques membres. En  juillet 2017, 61 banques japonaises l’avaient rejoint, représentant plus de 80 % du total des actifs bancaires au Japon.

Le 23 septembre 2016, Ripple annonce la création du premier groupe interbancaire pour des paiements globaux basé sur la technologie financière distribuée. En avril 2017, les membres du réseau connu sous le nom de Global Payments Steering Group (GPSG) sont Bank of America Merrill Lynch, Canadian Imperial Bank of Commerce, Mitsubishi UFJ Financial Group, Royal Bank of Canada, Santander, Standard Chartered, UniCredit et Westpac Banking Corporation.

Le 10 octobre 2017, Ripple annonce la création de partenariat avec une centaine d’institutions financières. Ces banques ou prestataires de services de paiements utilisent dorénavant la technologie Ripple pour fournir à leurs clients un service de paiement global instantané.

XRP

La société a également créé sa propre crypto monnaie baptisée XRP  en utilisant celle-ci pour permettre aux institutions financières de transférer de l’argent avec des frais et temps d’attente négligeables.

Cours du XRP vs USD : 

Les XRP représentent donc la devise native du réseau  Ripple. Les XRP sont actuellement divisibles à 6 décimales, et la plus petite unité est appelée une goutte avec 1 million de gouttes équivalant à 1 XRP.

100 milliards de XRP ont été créés  lors de la genèse et plus aucun ne peut être créé.

Comme pour Bitcoin, le système a été conçu de tel sorte que les XRP soient un actif rare avec diminution de la quantité disponible.  Non dépendant d’une tierce partie aux fins d’échange, le XRP est donc  la seule monnaie dans le réseau Ripple qui ne comporte pas de risque de contrepartie. Les autres devises du réseau Ripple sont des instruments de dette (c’est-à-dire au passif), et les utilisateurs du réseau Ripple ne sont pas tenus d’utiliser les XRP comme une réserve de valeur ou un moyen d’échange. Chaque compte Ripple nécessite cependant  d’avoir une petite réserve de 20 XRP.

Sur les 100 milliards créés, 20 milliards de XRP ont été retenus par les créateurs, qui étaient aussi les fondateurs de Ripple Labs. Les créateurs ont donné les 80 % restants du total à Ripple Labs, les XRP étant destinés à inciter les intervenants de marché à accroître la liquidité.

En mars 2015, 67% des 80% originels que possédait Ripple Labs étaient encore retenus par la société.

En mai 2017, pour apaiser des préoccupations concernant l’offre XRP, Ripple s’est engagé à placer 55 milliards de XRP (soit 88% de ses avoirs) sous séquestre  sécurisé. Cela permet d’utiliser jusqu’à 1 milliard de XRP chaque mois et de retourner tout ce qui n’est pas utilisé à la fin du séquestre sous la forme d’un contrat d’un mois supplémentaire.

Au cours actuel (23/01/2020) de 0.2267 $, la capitalisation actuelle de XRP est d’environ 10 milliards de USD.

A propos du redacteur…

Une passion : l’économie, la finance comportementale et l’émergence des actifs digitaux

Yves a débuté sa carrière dans le métier de la gestion en 1986 ou il a occupé différents postes de gérant de fonds actions et de fonds diversifiés au Crédit Commercial de France puis au sein du groupe Barclays à Paris. En 1998, il a pris la direction de la gestion actions et diversifiée puis de la gestion de la structure française du groupe néerlandais Robeco avant de rejoindre Natixis Asset Management en 2012 en tant que directeur de la Business Unit de gestion actions. Yves quitte Natixis AM en 2018 pour intervenir en indépendant auprès d’investisseurs professionnels et d’entreprises (conseil en levée de capital).

Amateur de sports d’endurance (course à pied et natation), Yves est aussi passionné par les sciences humaines, en particulier l’histoire et l’économie. Mais ce sont les aspects comportementaux des mécanismes économiques et l’analyse comportementale des marchés qui sont pour lui une source constante de réflexion et d’échange. Depuis quelques années, le sujet de la ‘blockchain’ et l’émergence des crypto actifs représentent pour lui un nouveau sujet de passion et d’opportunités.

Yves Maillot

Relations investisseurs Analyste stratégiste de marchés

Yves Maillot

Relations investisseurs Analyste stratégiste de marchés

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