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Qu’est-ce que l’interopérabilité de la blockchain et en quoi est elle déterminante pour l’avenir de la blockchain?

par | Jan 15, 2020 | 0 commentaires

Cet article s’adresse à des lecteurs ayant des notions dans le domaine de la Blockchain et des crypto-monnaies. Si vous débutez, n’hésitez pas à choisir une autre difficulté dans l’encadré ci-dessous wink

Difficulté de l’article:

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Qu’est-ce que l’interopérabilité de la blockchain?

C’est la possibilité de partager des informations sur différents réseaux de Blockchain, sans restrictions. Cela fait maintenant 10 ans que la première blockchain a été créée. À l’heure actuelle, la technologie a atteint plusieurs dizaines de millions d’utilisateurs particuliers ainsi qu’un grand nombre d’entreprises et d’agents du gouvernement.

Par conséquent, des dizaines de nouveaux projets voient le jour chaque année, se faisant concurrence dans la tâche quelque peu futile de développer la «meilleure» blockchain. Souvent, ils mettent l’accent sur la prétendue disponibilité de leur produit sur le marché, arguant qu’il est sûr, évolutif et globalement meilleur par rapport à un rival supposé. Que leurs caractéristiques revendiquées soient vraies ou non, ces projets représentent des blockchains autonomes et déconnectées des autres blockchains. Ils impliquent différents écosystèmes, algorithmes de hachage, modèles de consensus et communautés. En conséquence, l’espace blockchain devient de plus en plus cloisonné et son concept philosophique de base – l’idée de décentralisation – est minée, sans jeu de mots 🙂

Actuellement, une blockchain n’a aucune interaction par rapport à des informations qui pourraient exister dans une blockchain différente. Par exemple, la blockchain Bitcoin (BTC) existe de manière totalement indépendante de la blockchain Ethereum (ETH). En ce sens, elle n’a aucune connaissance des informations qui y sont enregistrées – et vice versa. Les projets basés sur la blockchain sont isolés les uns des autres, bien qu’ils existent dans le même secteur et fonctionnent avec la même technologie.

Interopérabilité de la blockchain est la possibilité d’échanger des données entre différentes chaînes de blocs de manière transparente, comme s’il n’y avait pas de frontières.

Pourquoi l’interopérabilité de la blockchain est-elle importante?

Elle est cruciale pour une adoption massive de la technologie. Parce que l’espace cryptographique est devenu très compétitif, certains projets ont tendance à mettre beaucoup d’efforts pour battre leurs adversaires au lieu de se concentrer sur l’infrastructure générale. Prenons la course à l’évolutivité qui est un exemple frappant. Initialement l’idée était de pallier aux performances insuffisantes de BTC en termes de rapidité. En effet, la toute première blockchain ne peut gérer que sept transactions par seconde (TPS) comparées aux 24 000 transactions possibles par seconde sur le réseau Visa. Divers projets se sont donc concentrés sur cette problématique et ont entamé une course aux chiffres. Ainsi certains projets prétendent pouvoir atteindre 40 000 transactions par seconde, le tout en sachant que le réseau Visa effectue en moyenne 1700 transactions par seconde malgré une capacité de 24 000/s. Pour faire simple, la capacité de 24 000 transactions / s n’est que partiellement utilisée par Visa. Par cet exemple, on voit pertinemment que les projets rivalisent pour obtenir le meilleur chiffre possible sans tenir compte de la réalité du terrain. 

Aucune entreprise ne voudrait traiter ses paiements avec une blockchain, aussi évolutive soit-elle, si l’infrastructure globale n’est pas interopérable et sécurisée. Bien que la solution soit meilleure que celle proposée par Visa, elle n’aura pas la même facilité d’utilisation à travers le monde si elle reste isolée. Pendant ce temps, les cartes émises par des systèmes de paiement (c’est-à-dire Visa, MasterCard, American Express, etc.) sont interopérables entre les commerçants et les distributeurs automatiques de billets du monde entier.

Y a-t-il des exemples montrant que l’interopérabilité de la blockchain est importante voire cruciale?

Prenons le secteur de la santé. Imaginons un monde où la blockchain connaît une adoption massive. Chaque entreprise utilise une blockchain pour stocker des données. Maintenant, le scénario suivant se produit: une personne doit être hospitalisée et pendant qu’elle est transportée dans l’ambulance, l’hôpital demande ses dossiers médicaux à la clinique où cette personne est enregistrée afin de fournir le meilleur traitement. Cependant, il s’avère que la clinique utilise une blockchain différente et qu’elle n’est pas compatible avec la blockchain de l’hôpital. En conséquence, l’hôpital n’est pas en mesure d’accéder aux dossiers des patients. 

Heureusement, cela a de très faible chance de se produire : aucun hôpital ne choisirait de s’appuyer sur une blockchain si elle est isolée. Cela s’applique également à d’autres secteurs comme l’immobilier, l’audit, la logistique, etc. L’adoption de masse n’est pas possible s’il n’y a pas d’interopérabilité de la blockchain.

Alors, comment peut-on y parvenir?

Il existe différentes méthodes: chaînes croisées, chaînes latérales, jetons proxy, swaps, etc. Un certain nombre de projets de blockchains se sont concentrés sur l’interopérabilité, en utilisant différentes approches. Voici quelques exemples:

Polkadot

Polkadot est une technologie “multi-chaînes” ou à “chaînes croisées”. Fondamentalement, il permet à différentes blockchains de se connecter à un écosystème normalisé plus vaste. Il a été fondé par Gavin Wood, co-fondateur d’Ethereum. Techniquement, Polkadot est composé de :

  • parachains (c’est-à-dire des chaînes de blocs parallèles qui traitent les transactions et les transfèrent vers la blockchain d’origine)
  • une chaîne de relais (c’est-à-dire un composant central qui connecte les parachains et assure leur sécurité) et des ponts qui connectent Polkadot à des chaînes de blocs externes.

Cosmos

Cosmos suit également le principe de la chaîne croisée. Plus précisément, il utilise un protocole de communication inter-blockchain (IBC) pour établir l’interopérabilité de la blockchain. Il agit comme une protocole de messagerie de type TCP / IP mais pour les blockchains. Étant donné que diverses blockchains établies (comme Bitcoin) ne prennent pas en charge IBC par défaut, Cosmos utilise les «zones de rattachement» pour les connecter au «Cosmos Hub» qui est une blockchain «maître» qui lie toutes les zones de rattachement et coordonne les communications entre elles via des langages standardisés. Cependant, le Cosmos Hub fait partie de l’écosystème inter-chaînes plus large développé par Cosmos qui peut contenir d’autres entités comme Iris Hub.

Chainlink

Chainlink est un service oracle décentralisé. Il permet aux données d’être récupérées à partir des API hors chaînes et d’être placées sur une blockchain. En d’autres termes, Chainlink sert de pont entre les blockchains et toute l’infrastructure qui existe hors chaînes: les nœuds Oracle reçoivent des données du monde réel, les traitent via le réseau et les amènent à la blockchain. La société coopère notamment avec le système mondial de transfert et de paiement interbancaire SWIFT, utilisé par la plupart des banques à travers le monde.

Wanchain

Wanchain utilise un protocole différent pour faciliter les transferts de données entre des blockchains. Wanchain crée des jetons dits «enveloppés» qui peuvent être échangés sur d’autres blockchains. Par exemple, pour déplacer 10 ETH vers la chaîne BTC, la plate-forme verrouillerait d’abord cette quantité d’ETH sur la blockchain Ethereum en utilisant des contrats intelligents, qui créeraient ensuite 10 ETH enveloppés de Wanchain (WETH) sur Wanchain. Ces WETH pourraient ensuite être échangés contre du BTC enveloppé de Wanchain (WBTC) sur une plateforme de trading. Ces jetons BTC enveloppés (WBTC) peuvent ensuite être transformés en jetons originaux situés sur la blockchain Bitcoin (BTC).

Quant

Contrairement aux exemples ci-dessus, Quant n’est pas une blockchain. Il utilise le protocole Overledger, une couche qui s’exécute sur les blockchains existantes. Overledger permet ostensiblement aux développeurs de créer des «MApps» – des applications décentralisées (DApps) qui utilisent plusieurs blockchains en même temps – en «trois lignes de code» et sans aucune infrastructure supplémentaire. Par exemple, un MApp pourrait s’appuyer sur la blockchain Ethereum pour le stockage de données tout en utilisant Bitcoin Cash (BCH) pour le transfert de valeur.

Gardez à l’esprit que ce ne sont pas les seuls projets qui visent à établir l’interopérabilité de la blockchain. Il existe également des projets comme le réseau Cardano, Aion, Icon, Ark, Bytum, Dragonchain et Ferrum, entre autres.

La blockchain est-elle interopérable maintenant?

La réponse est non. Pas encore, du moins.

Les échanges de crypto-monnaies sont toujours un moyen puissant d’interopérabilité dans l’espace cryptographique. Si quelqu’un a besoin d’échanger 10 ETH contre des BTC, il ou elle se retrouvera très probablement sur une plateforme de trading centralisée. Actuellement, c’est la méthode la plus populaire – et relativement pratique. Cependant, il a ses principaux inconvénients, la sécurité étant la plus évidente. Le dépôt de vos actifs dans un portefeuille chaud (hot wallet) sur une plateforme centralisée comporte toujours des risques. Ainsi, même si un certain nombre de projets ont travaillé sur des solutions d’interopérabilité blockchain, les réseaux restent largement isolés. Cependant, il est important de garder à l’esprit que l’espace blockchain est encore relativement nouveau, et la plupart des startups susmentionnées en sont aux premiers stades de leur feuille de route.

A propos du redacteur…

Inka est un passionné de la finance comportementale et des nouvelles technologies, notamment la Blockchain. Après avoir travaillé plusieurs années dans des sociétés de gestion de premier plan à Paris, il travaille désormais sur l’introduction de la Blockchain dans l’industrie de la gestion d’actifs mais aussi sur des solutions de gestion basées exclusivement sur la finance comportementale.

Inka Tharma

Fondateur
Gérant Multi Actifs

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